Malgré que l’annonce d’un gouvernement libéral minoritaire soit survenue assez tôt dans la soirée, les libéraux ne sont pas parvenus à percer davantage la région de Québec qu’ils ne l’avaient fait en 2015. Seulement deux d’entre eux, qui étaient les députés sortants de leurs circonscriptions respectives, ont été réélus dans Louis-Hébert et Québec.

En collaboration avec William Lapierre 

Louis-Hébert

Les experts prévoyaient que l’arrivée d’un candidat pour le Parti populaire dans la circonscription aurait pour effet de diviser le vote, au profit du député sortant du Parti libéral du Canada, Joël Lightbound.

Le libéral a en effet été en avance tout au long de la campagne, au coude-à-coude avec sa plus proche rivale, Marie-Josée Guérette du Parti conservateur (PCC). Toutefois, si les sondages prévoyaient seulement quelques points d’écart dans les intentions de vote entre les libéraux et les conservateurs, la candidate pour ce dernier parti a été relayée au troisième rang, derrière Christian Hébert du Bloc québécois.

Cette réélection de M. Lightbound chez les rouges crée un précédent dans Louis-Hébert, qui était précédemment reconnue pour avoir élu des candidats de bannières différentes depuis au moins les six précédentes élections. Les libéraux avaient représenté les électeurs dans cette circonscription en 2000 et en 2015, des mandats entre coupés par l’élection du Bloc québécois à deux reprises et du NPD de Jack Layton lors de la vague orange en 2011.

De plus, si les Verts s’étaient faufilés au quatrième rang dans les intentions de vote dans la circonscription devant le NPD, ils se sont tout de même retrouvés derrière le candidat du NPD, qui lui se situait devant celui du Parti populaire du Canada. Tout un recul pour un parti qui avait pris la circonscription en 2011.

 Québec

 Dans Québec, le ministre de la Famille, des Enfants et du Développement social, Jean-Yves Duclos, était en bonne voie de retrouver sa place dans la circonscription, devant la candidate bloquiste, Christiane Gagnon.

La région tapissée de bleu foncé

Sur la Rive-Sud, c’est sans grande surprise que le candidat conservateur Jacques Gourde qui a retrouvé sa place dans Lévis-Lotbinière, pour un cinquième mandat consécutif. En place depuis 2006, ce dernier a obtenu cette année 44% du vote, créant un large écart avec le candidat du Bloc québécois, François-Noël Brault, qui le suivait avec 27% des voix.

Dans Bellechasse-Les Etchemins-Lévis, Steven Blaney entame également un cinquième mandat sous les couleurs des conservateurs, avec une avance confortable sur Sébastien Bouchard-Théberge, représentant du Bloc québécois. La jeune Laurence Harvey, du Parti libéral du Canada a quant à elle atteint le troisième rang.

De l’autre côté du fleuve, le député sortant Joël Godin des conservateurs a lui aussi été réélu dans sa circonscription de Portneuf-Jacques-Cartier. Contrairement à son collègue, Sylvie Boucher a pour sa part été défaite par Caroline Desbiens du Bloc québécois dans Beauport-Côte-de-Beaupré-Île-d’Orléans-Charlevoix. C’est un gain bleu poudre.

Dans Charlesbourg-Haute-Saint-Charles, le Parti conservateur a gardé sa place avec le député Pierre Paul-Hus et dans Louis-Saint-Laurent également avec Gérard Deltell.

Bleu poudre sauf à Québec et Montréal

La vague bloquiste semble s’être concrétisée. Au moment d’écrire ces lignes, 35 candidats sont en tête et 15 sont élu(e)s.

Dans Beloeil-Chambly, la circonscription du chef bloquiste, Yves-François Blanchet mène. Pour l’instant, le Québec est frappé de plein fouet par la vague bloquiste. Au début de la campagne, les sondages les plus optimistes prévoyaient près de 30 sièges pour le Bloc québécois. D’autres possibles victoires pour le Bloc Québécois : Bécancour-Nicolet-Saurel, Drummond, Saint-Hyacinthe-Bagot, Saint-Jean, Shefford, Pierre-Boucher-Les Patriotes-Verchères. Le centre du Québec aura démontré son amour pour le Bloc québécois.

Julie Vignola mène dans Beauport-Limoilou devant le libéral Antoine Bujold et le conservateur Alupa Clarke. Même son de cloche pour la bloquiste, Caroline Desbiens, dans Beauport-Côte-de-Beaupré-Île d’Orléans-Charlevoix. Avec ces deux possibles victoires, le Bloc Québécois remporterait deux sièges dans la région de grande région de Québec. Il s’agirait de toute une surprise, puisqu’en 2015 la grande région de Québec était toute conservatrice.

Des possibles victoires surprises dans Chicoutimi-Le Fjord et Trois-Rivières auront pavé la voie à cette soirée festive pour le Bloc québécois.

Mario Beaulieu est le seul gain des bloquistes sur l’île de Montréal. Il devrait être élu dans La Pointe-de-l ’Île. Château-fort bloquiste, la circonscription continue d’afficher son amour au Parti d’Yves-François Blanchet.

Il s’agit d’une nette victoire comparativement à 2015 quand plusieurs avaient prédit la mort du bloc et ses 10 sièges de l’époque. L’épopée de Martine Ouellet semble bien loin dans la mémoire des Québécois. Le Bloc québécois aura particulièrement bien fait dans les circonscriptions dans la mire des conservateurs qui n’auront pas réussi à prendre leur place au Québec.

Ce fut une campagne extrêmement solide pour le nouveau chef et son équipe qui auront réussi à ramener la pertinence du bloc à Ottawa sur la carte. Les gains bloquistes ont été réalisés partout loin des grands centres et le spectre de la loi 21 aura pesé lourdement dans la balance lors de la campagne électorale ainsi qu’aux urnes.

Dure soirée pour le PPC

Maxime Bernier est officiellement défait dans la Beauce par le conservateur Richard Lehoux. Le pari du Beauceron n’aura pas été le bon et il n’aura possiblement même pas réussi à diviser le vote des conservateurs. Les électeurs et électrices de la Beauce auront préféré se tourner vers l’option jugée plus sûre en Richard Lehoux.