Cela fait maintenant cinq semaines que des étudiants opposés à la hausse de 1625$ des frais de scolarité sont en grève. Mais le débat remonte à bien plus longtemps. Déjà le 6 décembre 2010, connaissant les intentions de la ministre de l’Éducation Line Beauchamp et du gouvernement de Jean Charest d’augmenter les frais de scolarité, des représentants des associations étudiantes s’étaient présentés à la Rencontre des partenaires de l’Éducation pour prendre part à la grande table de réflexion au Centre des congrès de Québec. Dehors, quelques milliers de manifestants demandaient au gouvernement de les écouter. Conclusion de cette initiative? Les représentants étudiants ont quitté la table avant la fin, accusant le gouvernement de les ignorer. Les hostilités étaient lancées.

Le débat n’est donc pas nouveau, et la polarisation des deux camps existait bien avant l’annonce officielle de la hausse de 325$ par session pendant cinq ans lors du budget de l’an dernier. Avec le temps, la population québécoise, et surtout la population étudiante, a vu se dessiner, petit à petit, un mouvement de contestation qui a finalement mené à une grève générale illimitée pour 200 000 jeunes.

Long préambule me direz-vous, mais tout cela nous amène à la question dans le titre. Où sont, et où étaient, ceux en faveur de la hausse annoncée des frais de scolarité ? Pourquoi n’ont-ils pas soutenu, tout de suite, les intentions du gouvernement ? Le débat aurait pu se faire lors des deux dernières années, non ? Je pose la question, naïvement. Suis-je le seul ? Vous l’êtes vous posé, vous aussi, devant le déchirement de société auquel nous assistons ?

Je disais dans une chronique précédente que je me réjouissais de voir qu’enfin, nous avions un réel débat de société, un débat de fond. Je le crois toujours, mais comment se fait-il que le débat nous arrive une fois rendu dans le goulot d’étranglement ? Pourquoi a-t-on attendu, et attendons toujours, l’impasse entre les étudiants et le gouvernement ?   Celà fait deux ans, plus de 700 jours, que le portrait est là. Et on attend quand même que la mixture explose. Paresseux, les Québécois ?

Finalement j’aimerais lancer un appel aux pro-hausses. En tant que médias étudiants, et je crois que c’est aussi le cas chez les médias professionnels, les journalistes n’attendent que cela, que vous nous adressiez la parole, et que vous nous présentiez vos arguments. On se fait souvent dire, ou gueuler, que les médias étudiants sont avec les opposants à la hausse des frais de scolarité. Faux, archi-faux, dirait Lisée. Notre travail est de présenter les deux côtés de la médaille, mais il semblerait que la volonté des pro-hausses à se mobiliser semble moins grande. Ce n’est peut-être qu’une impression, mais les communiqués de presse et les évènements de sensibilisation se font rares. Alors je vous dirai ceci, comme disait Guy Bedos, « on ne donne la parole qu’à ceux qui veulent la prendre ».