Depuis 1987, Impact Campus, c’est une succession de groupes d’étudiant.e.s qui se donnent corps et âme pour créer chaque semaine un journal à la hauteur de vos attentes. Nous avons laissé nos prédécesseurs vous faire part de leur expérience respective.

«Impact campus»

Par Kathryne Lamontagne
Journaliste, Journal de Québec
Chef de pupitre aux Arts et culture d’Impact Campus 2008-2009

C’était l’objet du courriel.

Encore aujourd’hui, le nom du journal où j’ai fait mes débuts résonne toujours aussi fort.

C’était il y a plus de 10 ans. Déjà.

Été 2008. Je revenais au Québec, après une session étudiante passée en Belgique. Impact Campus avait des postes à combler, dont un à la direction de la section des arts et spectacles. Ma candidature a été retenue, alors que j’entamais ma dernière année au baccalauréat en communication publique, à l’Université Laval.

À 22 ans, je faisais mes premiers pas à la presse écrite.

Du jour au lendemain, je me suis retrouvée à effectuer des entrevues et à rédiger des reportages de façon quotidienne. À ces tâches s’ajoutait la répartition des assignations à une quinzaine de journalistes bénévoles et à une poignée de photographes amateurs, question de garnir les pages de la section qui m’était attitrée.

Je me souviens des heures de tombée, stressantes. Des séances de brainstorming délirantes pour trouver des titres accrocheurs. Des soirées de révision interminables, le lundi, afin d’éliminer toute trace d’erreur avant publication.

La chimie de notre équipe, nos fous rires – et le café ! – rendaient le travail agréable. Nous étions une dizaine de personnes au sein de la direction. Qu’importe notre salaire minimum : on se donnait corps et âme, chaque semaine, pour publier ce journal.

J’ai été marquée par ces gens compétents, qui mènent aujourd’hui des carrières à la hauteur de leur ambition. Je pense notamment à notre rédactrice en chef de l’époque, Christiane Vadnais, qui vient de publier son premier roman, «Faunes», chez Alto, ou à Dominique Talbot, alors directeur de l’actualité, qui sévit depuis quelques années à La Presse.

Parce que c’est aussi ça, Impact Campus. Des amitiés. Des rencontres. Personnelles et professionnelles. Tranquillement, je jetais les bases d’un premier carnet de contacts, outil indispensable dans le métier.

Au fil du temps, j’ai amélioré la préparation de mes entrevues et la rédaction de mes reportages. En plus de mes responsabilités aux arts et spectacles, j’ai signé des dossiers de fonds, des nouvelles d’actualité et même quelques chroniques d’opinion. Tout n’était pas bon. J’apprenais.

Mais au bout d’un an, quelques-uns de ces reportages se sont retrouvés au sein d’un portefolio, que j’ai présenté, le cœur léger, au Journal de Québec. Je travaille pour le quotidien le plus lu de la capitale depuis l’automne 2009. Et nul doute que cette embauche est attribuable en grande partie à l’expérience acquise dans les locaux d’Impact Campus.

Le courriel avait donc pour objet «Impact Campus».

Je l’ai reçu début janvier, signé par le chef de pupitre aux actualités. Frédérick Durand me sortait de la quiétude de mon congé de maternité pour m’informer du tournant que prend aujourd’hui le journal. Vous le savez déjà : l’hebdomadaire devient un magazine mensuel et misera sur le web pour diffuser ses nouvelles. Comme quoi même les médias étudiants doivent s’ajuster à la crise qui frappe le milieu de l’information.

Je me réjouis toutefois qu’Impact Campusait réussi à conserver sa publication papier. Parce qu’ils sont là, sur papier, mes plus beaux souvenirs de mon passage au journal étudiant de l’Université Laval. Dans cette reliure épaisse et cartonnée, soigneusement rangée sur une tablette de mon bureau, accueillant la quarantaine d’éditions que j’ai fièrement supervisées entre juin 2008 et mai 2009.

Frédérick Durand souhaitait que je témoigne de mon expérience à Impact Campus.

C’est fait.