Quelqu’un doit avoir le doigt collé sur le piton « forward » : vraiment je ne vois aucune autre explication. Si vous avez aussi l’impression que quelqu’un — ou quelque chose  — conspire à faire avancer le temps trop vite, moi, je vous donne raison.

Mes théories scientifiques (!) ne me permettent pas encore de déterminer l'âge exact auquel le temps commence à débouler à vitesse grand V (exposant 1000, spécifions-le). Mais mon observation totalement crédible m'a permis d'identifier les facteurs de risque suivants : les amis proches qui n'ont pas procrastiné autant que vous pour terminer leurs études… Ceux qui achètent leur première maison alors que vous devez encore vous contenter de quatre murs de carton en location… La surdemande de cigognes et la rupture de stock en chou, des suites du mini-baby-boom… Et surtout. SURTOUT : la persistante impression que la semaine a duré deux jours (mais pas dans le «bon» sens.)

…Pour en revenir à l'âge : dans tous les cas, on s'entend que c'est récent?! Je ne sais pas pour vous, mais pour moi, on dirait que l'obsession des gens qui m'entourent pour le temps est devenue tout d'un coup de plus en plus obsessionnelle, justement. J'ai fini par m'y résigner : mais, avec les conséquences que je m'apprête à vous confier…

Disons qu'on mettait un peu de biologie à la sauce : j'émets l'hypothèse qu'avant l'âge adulte, l'oreille n'est pas développée à entendre toutes les phrases qui peuvent ressembler à : «Déjà!? Il me semble que c'était hier…», ou bien : «Oh, mon dieu! Que le temps passe vite!». C'est drôle par contre à quel point on entendait bien nos matantes nous dire «Ah!T'as dont bien grandi». Ça, l'oreille d'enfant pouvait très bien le percevoir. Mais pour le temps, oui, vraiment, c'est à notre âge que le piton semble rester collé…

Tout cela me mène à une inévitable constatation: les journées de 24 heures sont mortes : vive les journées… de 36h!

Si quelqu'un – ou quelque chose… – conspire à faire avancer le temps plus vite, il y a nécessité d'ajuster le temps au prorata de l'inflation de la rapidité à laquelle il passe. (Si à ce moment précis du texte, vous commencez à me considérer comme une folle à lier, attendez.)

Pour demeurer dans mon élan de modération,  je souhaite aussi vous éveiller à l'imminente conspiration capitaliste qui sommeille dans le dicton «le temps, c'est de l'argent». C'est évident qu'en brandissant l'éventualité de la fin du monde en 2012, on  pousse les gens à la folie (n'est-ce pas?!!!). Avouez que vous avez – vous aussi – songé à éventrer votre tirelire… lâcher les cours… faire votre baluchon… et vous exiler à un endroit où vous pourrez avoir un maximum de bon temps (justement, l'obsession du temps…) avant la fin du monde.

En tous cas, moi j'y ai pensé.

Crédit photo : Claudy Rivard