Notre région de la Capitale-Nationale voit près de 100 suicides par année se produire sur son territoire, soit le dixième de la province. Malgré une baisse importante, la Direction régionale de la santé publique, appuyée par trois centres de prévention et quatre centres de santé et de services sociaux a publié la semaine dernière des recommandations aux médias sur la manière de présenter le suicide.

Bien qu’inspirées par un document produit par la Direction de santé publique de l’Agence de la santé et des services sociaux des Laurentides, elles ont été relues par une journaliste ainsi que par les services de communications de l’agence.

Il est demandé aux médias d’«éviter les descriptions détaillées, notamment la méthode employée et le lieu choisi par la victime» et de «se préoccuper de l’impact du suicide et de la couverture médiatique sur les proches de la victime». D’un point de vue journalistique, bien que cette fiche thématique soit plein de bonnes intentions, il semble demandé aux médias d’étouffer la nouvelle. Il est possible pour un journal de ne pas tomber dans une description irrespectueuse pour la victime, mais, alors, comment éviter de parler du lieu et de la méthode ? L’acte posé est-il une nouvelle au même titre qu’un accident de la route causé par l’alcool ? Toute victime est une victime de trop et la masse sociale mérite de pouvoir comprendre la situation. Nous avons de plus le devoir de ne pas détourner le regard sur l’information qui concerne nos co-citoyens. Je prêche ici pour notre paroisse en réaffirmant que c’est par la connaissance des faits que nous apprendrons à la maîtriser.

 

Écrit sur Dustin O’Halloran, Fragile N.4