Dans le merveilleux monde de la Vente, la vraie, il existe un truc un peu kitsch mais répandu : le vendeur ne s’éternisera pas sur les qualités du produit mais demandera plutôt « de quelle couleur le prendrez-vous ? ». Au lieu de laisser le client penser à ses besoins et à ses moyens, on l’amène à penser comme si la décision était déjà prise.

Maintenant, à Québec, on se rend compte que les Verner, Hamad, Charest et Labeaume qui ont fait les manchettes cette semaine sont des Vendeurs ( avec un V majuscule ) de Nordiques. Plutôt que de remettre en question la pertinence d’un investissement public de 400 millions de dollars, plutôt que de s’interroger sur les arguments ( Québec a certes un bassin immense de touristes, mais ne viennent-ils pas surtout l’été ? ), plutôt que de se demander qui va profiter du Colisée ( un Québécor qui n’a pas exactement besoin d’aide, après tout ), on se demande qui paiera quoi et quand.

Régis Labeaume évoquait ses conversations avec Gary Bettman, les députés conservateurs de la région parlaient de convaincre Stephen Harper, on se rue vers les jerseys des Nordiques. C’est dans la poche. On a fait comme si la décision était déjà prise et qu’il fallait seulement régler les détails.

Plutôt que de se formaliser de cette technique de vente appliquée à la politique, je vous propose d’admirer le jeu des Vendeurs. Presque tous élus avec des plateformes d’« austérité » et de « serrage de ceinture », ils sont maintenant émus par les retombées économiques du projet. Au moins, avec une équipe de hockey, on a droit en prime à une leçon de philosophie politique : le conservatisme n’est pas nécessairement l’ami du libéralisme économique. Même si on associe souvent ce mouvement à une place plus petite de l’État dans l’économie, ils se sont apparemment convertis au populisme électoraliste.
Personnellement, j’ai hâte d’aller manger un roteux dans les bleus du nouveau Colisée. J’apprécie le rayonnement de Québec et j’aime les gros projets. Cependant, j’ai un peu peur quand je vois combien c’est facile de faire lever tout le monde en chuchotant à leur oreille le nom de leur ancienne équipe de la LNH.

J’ai un conseil pour ceux qui souhaitent encore un laissez-passer universel à l’Université Laval : appelez le projet « Nordique-Pass » et l’argent va pleuvoir. Idem pour le « Nordique-Tram », le « Nordique-schiste », les « Nordiques-sables-bitumineux » et les fameuses « Nordiques-éoliennes ».

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Cette semaine, l’équipe d’Impact Campus a longtemps pondéré la question « Comment réparer une erreur ? ». En fait, nous avons reçu le commentaire que le titre de Une de notre édition du 7 septembre dernier était trop catégorique : le CRTC n’aidera pas nécessairement CHYZ et les détails du programme ne sont pas encore connus. Je suis personnellement désolé du malentendu, et nous publions d’ailleurs en page 8 une précision écrite de la main du directeur général de la station.
Je vous invite, comme d’habitude, à faire bifurquer la discussion vers mon adresse courriel,
redaction @impact.ulaval.ca.