Ce qu’on n’a pas entendu, ces temps-ci, au sujet des droits de scolarité. Selon certains, c’est presque criminel d’augmenter les droits de scolarité. Selon d’autres, les étudiants sont des pachas qui vivent au crochet de la société. Même en nos pages, le débat s’est envenimé et il est temps de mettre certaines choses au clair.

1.Les droits de scolarités, c’est un peu comme un amphithéâtre pour Québec
Ce qui est décevant, dans le discours de certains, c’est que les arguments ne se valent pas. Quand on parle d’un investissement gouvernemental qui profite directement à un groupe d’individus (les équipes de la LNH et les étudiants, respectivement), l’argument du retour sur l’investissement est populaire dans un cas mais pris de haut dans l’autre.

Si les membres de la Nordique Nation mettent l’accent sur le fait qu’un amphithéâtre ne peut pas être strictement rentable, force est d’admettre que cela peut être le cas aussi de l’éducation post-secondaire.

En fait, l’éducation post-secondaire est un investissement très intéressant pour les étudiants mais est aussi une petite manne pour les entreprises qui profitent de la formation. Ne l’oublions pas : tant qu’on demande au gouvernement d’«encourager l’économie et les petites entreprises», il est hypocrite de décrier une subvention étatique à l’éducation.

2.Certains étudiants ont la vie facile, d’accord. Mais…
Un argument courant au sujet des étudiants est que ceux-ci mènent la grande vie, boivent beaucoup de bière et ont des téléphones de luxe. C’est vrai pour bien des étudiants, mais cet argument ne tient pas la route longtemps : pour chaque étudiant équipé d’un iPhone et d’un portable de l’année, on voit au moins un de ses collègues qui a un vieux téléphone prépayé et qui doit aller aux laboratoires informatiques pour taper ses travaux (bon, d’accord, de moins en moins, mais admettons que l’accès à Internet est une nécessité pour les étudiants). N’oublions pas non plus que de plus en plus de programmes demandent l’achat d’un MacBook Pro (pas donné) ou autres machines en effet coûteuses. Baser sa réflexion politique sur une poignée d’exemples n’est généralement pas la meilleure des idées, n’est-ce pas?

3.Joseph Facal (entre autres) a un point…
Du côté de ceux qui veulent augmenter les droits de scolarité, on mentionne souvent que leur bas niveau subventionne inutilement les étudiants riches au lieu de leur faire payer un juste prix. Cet argument est à priori valide, car il met en lumière un des problèmes de ce mode de redistribution de la richesse.

4. …mais on oublie souvent son contrepoint.
Justement, quand on blâme les bas frais de scolarité lorsqu’on veut améliorer l’accessibilité et les revenus du système universitaire québécois, on passe souvent à côté de l’augmentation massive des prêts et bourses nécessaire afin de contrebalancer la baisse d’accessibilité aux études.

5.Les chambres de commerce devraient faire suivre leurs paroles de leur argent
Tous les acteurs présents autour de la table de la rencontre des partenaires de l’éducation (où presque tout le monde voulait une augmentation des droits) devraient se mettre à donner des bourses incroyables et en faire la promotion de façon agressive afin de promouvoir l’accessibilité aux études. Quel meilleur moyen de dire «les jeunes dans le besoin pourront accéder aux études supérieures grâce à nous» que de leur donner des bourses?

 * * *

Pour 2011, Impact Campus a renouvelé une partie de son équipe: Bienvenue à Marc-Antoine, notre nouveau directeur général, et à Dorothée, qui se joint à nous en tant que graphiste.

Parmi nos résolutions du nouvel an, nous voulons aussi renforcer notre section Opinions, alors n’hésitez pas à m’envoyer vos commentaires et lettres ouvertes à redaction@impact.ulaval.ca!