Les retraites d’écriture destinées aux étudiantes et étudiants aux cycles supérieurs voyaient le jour au printemps 2015. Flanquées du nom accrocheur de « Thèsez-vous », elles sont rapidement devenues populaires. On ne compte plus les articles et reportages se consacrant à rendre compte de leurs bienfaits. Or, pour bien comprendre à quel point elles peuvent être facilitantes, il faut vivre l’expérience.

Cette contribution nous provient d’Alexis Bédard-Fiset, journaliste à Impact Campus et finissant à la maîtrise en études littéraires et médiatiques.

À la fin avril, j’ai eu la chance de participer à la 28e retraite, laquelle se tenait à l’Auberge des Balcons, en plein cœur de Baie-Saint-Paul. C’était d’ailleurs la première fois qu’une retraite se tenait en milieu urbain. Pendant trois jours, dans un cadre charmant, j’ai côtoyé une trentaine de personnes de pratiquement toutes les universités du Québec. J’ai alors pu parfaire mon aisance avec la méthode de travail « pomodoro » (une période de travail chronométrée, généralement de 50 minutes, suivie d’une pause, d’une durée de dix minutes; après quelques « pomodoros », une activité physique et/ou relaxante est offerte).

J’ai adoré mon expérience. Une énergie particulière se dégage lors de ces retraites, et ce n’est heureusement pas seulement parce que le café et le thé coulent à flots. Pour paraphraser les propos d’une des animatrices, une telle initiative est à la fois grisante et infiniment triste. Grisante, car pendant trois jours, il est possible de se consacrer à 100 % à un projet étudiant (mémoire, thèse, article scientifique, etc.) grâce à la mise en place de conditions facilitant le travail de rédaction (aucun repas à préparer, aucun ménage, aucune grande distraction); triste, car elle met en lumière un problème assez commun pour plusieurs : la solitude et le manque de motivation qui parsèment les périodes de rédaction.

Au fil des années, de nombreuses universités au Québec ont reconnu l’impact positif des retraites. Par le truchement de diverses bourses, elles aident à défrayer une partie des coûts (les frais sont actuellement de 250 $ + taxes pour trois jours, cela inclut les repas, l’hébergement et les activités proposées). L’Université Laval a annoncé qu’elle soutiendrait des étudiantes et étudiants à l’automne; à suivre!

Ultimement, grâce à de telles initiatives humaines et intelligentes, nous serons en mesure de produire de meilleurs mémoires, de meilleures thèses. Assurément, ces productions sont nourries par l’ambiance dynamique flottant dans les salles de rédaction aménagées pendant ces fins de semaine mémorables au courant desquelles la solitude n’a pas sa place.