Dans une lettre ouverte que nous publions dans la section Actualités de cette semaine, David Galarneau et ses cosignataires, des anciens exécutants de la Confédération des associations d’étudiants et d’étudiantes de l’Université Laval (CADEUL) proposent une interprétation inquiétante des événements du caucus des associations de la CADEUL du 12 novembre et de la fin de semaine suivante.

[À des fins de transparence, je dois dire que David Galarneau est un ami depuis avant ses pérégrinations politiques. Nous avons discuté du sujet, mais son initiative est personnelle.]

Comme la lettre le raconte, les représentants de la Confédération auraient choisi de faire passer leur message personnel plutôt que de voter en accord avec l’absence de mandat qu’ils ont reçu.

Je me suis entretenu avec Barbara Poirier, la présidente de la Confédération, au sujet des allégations contenues dans la lettre. Pour elle, il était relativement clair que le caucus n’avait pas donné aux représentants un mandat contre la manifestation. «La volonté du caucus étant de ne pas brimer la participation de la TaCEQ aux différentes actions entreprises autour de la RPE, les exécutants présents ont pris la décision de quitter la salle lors de ce point, donc de ne pas participer aux discussions et à la décision», déclare la CADEUL sur son blogue. Elle dit avoir perçu une volonté de la part du caucus en général, volonté que les représentants lavallois auraient transmise à la TaCEQ.

Dans un cas comme celui-ci, les questions d’intention et de mandat viennent nous compliquer la vie. Personne ne nie que la décision prise par les représentants de la CADEUL leur convenait bien. Il ne serait pas non plus surprenant que, comme l’analyse la présidente, l’opinion généralisée soit en faveur d’un appel de la TaCEQ à la manifestation. Ne nous leurrons pas, enfin: les conséquences directes de ce geste ne sont pas des plus catastrophiques.

Cependant, est-ce que ce genre de liberté avec les règlements est souhaitable? Loin de moi l’idée de défendre une procédure lourde et complexe pour elle-même, mais il est peut-être en effet temps de mettre les points sur les i en ce qui concerne bien des règlements généraux dans des instances politiques étudiantes. Éventuellement, on peut en venir à être d’accord avec l’argument de certains, qui se préoccupent de l’opinion publique plus que d’un rapport de force éventuel avec le gouvernement.

Dans ce cas, la situation des derniers jours est un bel exemple du genre de tractations de corridor qui ternit la réputation de la politique, même si elle n’est qu’au niveau étudiant.

Mise à jour: Lire aussi la mise au point du secrétaire général de la TaCEQ sur la question des réglements généraux.

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On m’a beaucoup parlé, ces dernières semaines, du choix des sujets et du ton que nous utilisons pour parler de l’actualité; nous oscillons entre le ton «magazine» et une couverture des événements du campus. L’équilibre est parfois complexe et fragile, mais nous croyons réussir à le raffiner progressivement.

Nous prenons aussi beaucoup de temps pour nous interroger sur nos orientations: Impact Campus est un journal étudiant indépendant qui a l’ambition de couvrir votre quotidien le plus fidèlement possible. Nous aimerions avoir vos commentaires sur cela. Comme d’habitude, vos messages envoyés à redaction@impact.ulaval.ca seront fort appréciés.