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J’étais sceptique quand on m’a demandé d’écrire sur la série 13 reasons why dans mon premier papier d’opinion pour Impact Campus. Une série pour adolescents et la panique qu’a provoquée sa diffusion pour la première de la chronique Question de société… j’hésitais. Trois minutes. C’est le temps que l’œuvre de Brian Yorkey a pris pour me convaincre de sa pertinence et de sa grande qualité.

Dans une esthétique qui rappelle Degrassi (tout pour plaire aux jeunes et aux nostalgiques), la série aborde de face, avec force et douceur, la délicate question du suicide, mais aussi celles du consentement sexuel, de la cyberintimidation, des nouvelles technologies et des relations entre les adultes et les jeunes. À travers les oreilles de Clay, nous apprenons les 13 raisons qui ont mené la jeune Hannah Baker à s’enlever la vie : un témoignage aussi touchant que déstabilisant laissé sur six cassettes.

Si je comprends la position des différents groupes de prévention et des nombreux chroniqueurs et personnalités politiques qui s’opposent à la diffusion, je dois dire que je ne la partage pas. C’est bien au jeune qui ne présente pas d’idées suicidaires et qui ne fera face à cette réalité de manière concrète que tardivement dans sa vie que la série s’adresse.

Dès le premier épisode, j’avais froid dans le dos de me revoir, adolescent, participant sans le vouloir au calvaire potentiel et surtout invisible de mes camarades. La qualité première de la série se situe bien ici : nous faire réfléchir collectivement à ce qui mène quelqu’un à choisir l’option du suicide, dans un mélange de tristesse et de colère, mais aussi de compréhension.

Il me semble faux d’affirmer que 13 reasons why fait l’apologie du suicide, et tout aussi faux de penser que l’écoute d’une production télévisuelle puisse jouer un facteur aussi déterminant dans la décision de s’enlever la vie. Cette réaction plutôt conservatrice est ironique, compte-tenu que la série vise à déconstruire l’idée selon laquelle le suicide est un événement isolé et irrationnel pour présenter son caractère construit et social.

Il ne s’agit pas de chercher une justification au suicide ni de désigner des responsables, mais de comprendre comment le quotidien peut produire des réactions regrettables chez certaines personnes et de saisir cette occasion pour attaquer la problématique de front.

Non seulement les adolescents doivent pouvoir écouter cette série, mais ils doivent le faire dans des conditions adéquates pour y réfléchir. La solution ? Encadrer l’écoute par des discussions (en classe ou à la maison) et fournir aux jeunes les ressources pour obtenir de l’aide. Les scènes de Degrassi qui pouvaient troubler les téléspectateurs étaient suivies des informations pour contacter Tel-Jeunes, un manque quant à la diffusion en ligne.

Il serait finalement malhonnête de condamner les thématiques de 13 reasons why alors qu’elles sont abondamment traitées avec beaucoup moins de finesse dans différentes téléséries populaires. Brisons les tabous et faisons confiance à l’intelligence des adolescents qui sont au cœur de leur construction identitaire et du développement de leur jugement critique. Les interdits finissent souvent par créer l’inverse de leur visée initiale.


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