Daniel Breton, 357c, Line Beauchamp, entrepreneurs corrompus, budget des promesses électorales brisées et oppositions s’opposant pour s’opposer…

Rosalie Readman 

La semaine politique qui vient de se dérouler est déprimante sur le plan du contenu et du contenant. Tout ce qu’il y avait à dire sur ces dossiers a été dit et plus problématiquement, tout ce qui n’aurait pas dû être dit ( au sens de propos déplacés ) a aussi été dit. Les insultes et attaques venaient de toutes parts sur les réseaux sociaux.

À travers les différents camps qui s’accusaient tous d’être pire l’un que l’autre, l’espoir du propos pertinent était faible pour le citoyen spectateur de ces échanges. Le cynisme était à son comble quand soudain, à travers les insultes, une voix plus rationnelle surgit sur un des scandales du jour. Il s’agissait de celle de Québec solidaire. Le ministre Breton devrait songer à son avenir suite aux révélations de condamnations passées, mais il faudrait également éviter le lynchage public selon ce parti politique. Étais-je surprise de cette modération ? Non, car bien souvent depuis 2008, je vous l’assure, l’attitude la plus raisonnable que l’on puisse trouver à l’Assemblée nationale est celle d’Amir Khadir.

Étrange, penseront plusieurs. Le nom d’Amir Khadir associé à la raison et la modération, on n’est pas habitués. Ne l’accuse-t-on pas de souvent vouloir semer la controverse et d’être un abonné des coups d’éclat pour attirer l’attention ?

Au contraire ! Loin de ses collègues feuilletant les journaux du matin pour trouver l’affaire sensationnaliste qui pourra alimenter la période des questions, le député s’intéresse à d’autres sujets. Pourquoi ? Parce que les gens avec des vrais problèmes qui ne sont pas « fashion » sont venus le voir : sauvetage d’un service offrant des repas aux personnes à mobilité réduite, eau contaminée à Shannon, Québécoise retenue de force en Arabie saoudite et que l’actualité avait laissée de côté…

Bien sûr, il ne faut pas ignorer que beaucoup d’élus font ce travail en coulisses, mais le député de Québec solidaire est un des seuls qui consacre son temps de « visibilité médiatique » à ces causes moins populaires, mais tout aussi importantes.

Également, bien que l’attitude des autres parlementaires à son égard soit parfois digne de l’intimidation dans une cour d’école, il ne s’en formalise pas et reste poli avec tous, attaquant parfois très durement les positions des individus, mais pas directement ceux-ci.

Amir, c’est aussi l’élu qui fait des conférences de presse sans « punch line » arrangée. Celui dont l’orientation à prendre et la cause à défendre ne changeront pas selon l’appui populaire. Il ne sortira pas non plus en grande pompe une nouvelle position de son chapeau par magie au lendemain d’un sondage défavorable.

Il m’arrive souvent de dire des politiciens qui m’exaspèrent particulièrement que je me lèverais la nuit pour les détester. Jeudi, 3 h 42 du matin, en insomnie, en pensant à mille et une choses, j’ai pourtant eu le réflexe de songer pour cette chronique à un des rares politiciens qui, malgré certains désaccords idéologiques, m’inspire le plus grand respect.