Courrier des lecteurs

À M. Hubert Gaudreau et à son texte Le dé de la démocratie.

J’ai lus attentivement votre papier, et la seule chose que j’en concluS est une ignorance profonde des fondements de ce qui s’est passé lors de cette assemblée générale. Avant de commencer, si vous vous dites modéré, ce qui selon vous vous procure une certaine impartialité [ alors que vous écrivez une lettre d’opinion ! ? ], je serais également honnête de mentionner que j’étais là également cette journée-là, et que je me suis levé au même moment et en concertation avec ceux dont vous décriez l’action. Mais cette action n’était pas spontanée, irréfléchie et motivée par la frustration. Ces fondements sont exactement les mêmes que vous défendez et on ne peut plus cohérents avec ladite action.

Mais commençons par une étape que vous avez malencontreusement omise et qui, je crois, est importante pour la compréhension du lecteur : la description des évènements. Nous étions à l’étape de la lecture de l’ordre du jour lorsqu’un groupe de personne a voulu y ajouter un point TaCEQ [ en vue des prochaines négociations avec le gouvernement ], l’ajout de ce point fut battu à plate couture entre autres grâce au rejet de plusieurs associations étudiantes [ de toute évidence sans mandat pour le faire ]. Mais suite à l’échec, le groupe ne relâche pas et propose deux autres points à rajouter à l’ordre du jour, soit démocratie et position, toutefois, ils connaissent le même sort. On parle ici de discussion sur l’éventuelle discussion de sujet en assemblée générale. Il n’y a toujours pas proposition formelle, toujours pas de débat !

Pas besoin de parler de «justice sociale», justement on n’en parle pas encore. Cet épisode est symptomatique de problèmes de fonctionnement majeurs à la CADEUL et chez son sbire nébuleux : la TaCEQ. Le fonctionnement de ces institutions n’a rien à voir avec la [sacro-sainte] démocratie, c’est mal connaître ce concept. À la CADEUL, la plus part du pouvoir est accaparé par le Conseil d’Administration et je ne parle même pas encore de l’organe soi-disant démocratique de l’association : l’assemblée générale, où certaine personnes détiennent 2, voir 3 votes. Ces votes sont évidemment conférés par leurs associations départementales ou facultaires respectives, le problème est que ces assos n’ont bien souvent pas le mandat théorique d’agir de la façon dont ils le font en réalité et leur vote est recyclé à des fins d’opinion individuelle.
Mais pourquoi ne pas changer les choses de l’intérieur. Cela nous ramène à l’éternel débat entre réformiste et radicaux. Non seulement nous avons tenté de changer les choses à l’intérieur même de l’AG dont nous parlons, mais même en l’ayant fait, le CA aurait probablement tout bloqué. Et lorsque l’on ne peut réformer, reste la solution du sabotage institutionnel. Là était la motivation profonde de notre action réfléchie et concerté, en toute cohérence avec nos motivations profondes et non pas par refus, incompréhension ou frustration.

C’est justement parce que tenons à la discussion, à la démocratie participative et parce que toute réforme à la CADEUL est difficile, voire impossible qu’il est plus efficace de la combattre et de recommencer à neuf.

Charles-Olivier P.Carrier