Ça commence quand déjà le Carnaval? Question courante pour le résident lunatique commun de Québec. Vous l’avez manqué? Dites-vous que vous n’êtes pas les seuls, même Régis Labeaume avait « oublié » (il était à New York pour le Super Bowl). C’était pourtant le lancement du 60e Carnaval de Québec, peut-être sera-t-il plus motivé pour le 400e, ne sait-on jamais.

Vers 19h30, le site était déjà plutôt rempli de gens souriants et enthousiasmes. À l’oreille, on pouvait discerner une bonne quantité de touristes dans la foule. Redoutées par certains, attendues par d’autres, les duchesses du Carnaval sont sorties de leur hibernation de dix-huit ans. Le lancement était porté par le suspense du tirage d’une seule duchesse parmi les sept. Portait d’une soirée où le froid fut aussi modéré que le public.

Tout d’abord, on nous a servi un bouillon de remerciements assez indigeste parce qu’exhaustif. On invita sur scène des personnalités, avec des titres à ne plus finir, nous dire avec très peu de conviction qu’ils étaient contents que le Carnaval commence. Mais ça ne commençait pas, justement. Des politiciens et des commanditaires défilaient sur la scène pour clamer à peu près les mêmes phrases creuses. Comme le Carnaval concerne la ville de Québec, ce fut un peu absurde de voir le député de Sherbrooke, Serge Cardin, venir nous dire quelques mots.

Sur un angle plus positif, l’animateur de la soirée s’est donné corps et âme pour dynamiser la soirée et le public. Après les remerciements, il a présenté les sept duchesses, ainsi que les projets hivernaux qu’elles ont organisés dans leur duché. La soirée devenait intéressante tranquillement. Deux projets sortaient du lot par leur originalité, une coulée de tire d’érable de 2660 mètres, organisée par la duchesse de Lévis, Roxane Bourdon, et une fresque hivernale de 25 pieds de long, organisée par Stéphanie Poulin, du duché de la Cité-Limoilou.

Il y eut quelques intermèdes musicaux grâce à la présence de Byron Mikaloff, du groupe The Lost Fingers, qui participait à l’animation entre la présentation des duchesses. Ce dernier aurait pu se contenter de la partie musicale puisque sa contribution à l’animation s’est révélée plutôt mince. Après chaque résumé des efforts accomplis par les duchesses dans leur duché, le musicien tenait à préciser que  cette dernière et sa région correspondante étaient maintenant ses préférées. Une fois, c’est drôle. Après la septième, beaucoup moins.

La foule a dégivré rapidement quand l’élection de la Reine a débuté. D’après le nombre de bougies vendues, le vote des juges en fonction d’une série de facteurs, et le vote du public, un nombre de capsules était donné à chaque duchesse, qui avait donc un nombre (plus au moins grand) de chances de gagner. Dès qu’une duchesse obtenait 5 capsules, ou flocons, à son nom, elle gagnait sa place auprès de Bonhomme. Lorsqu’il est devenu évident que le tirage tirait à sa fin, Bonhomme a finalement fait son entrée, chaudement salué par la foule.

C’est finalement Mélissa Dumont, du duché de Les Rivières qui a remporté le tirage. Elle avait organisé une course à obstacles de 2 kilomètres dans la neige appelée « Fahrenheit ». Les gens pouvaient participer de façon compétitive ou simplement familiale. Toutes les duchesses avaient un nombre à peu près équivalent de chances, soit entre 40 et 46 capsules dans le baril. La soirée s’est conclue avec des feux d’artifice et une visite illuminée du palais de glace, placé à l’opposé de la scène. Espérons que les carnavaleux démontreront davantage d’entrain durant les festivités et les parades qu’au lancement. Bon 60e Carnaval !