Le 19 octobre dernier, en accédant au poste de premier ministre, Justin Trudeau est devenu l’une des figures marquantes de la fin 2015 et d’un vent de changement sur la politique canadienne. Depuis cette date, qu’est-il advenu de ses promesses politiques ? Derrière le Trudeau confiant et charismatique, qu’a-t-on actuellement travaillé, déjà conclu ou déjà brisé ? Voici un portrait de trois grands défis auxquels fera face le nouveau gouvernement, cette année. Because it’s 2016.

#1 : Accueillir les 25 000 réfugiés correctement

Accueillir 25 000 réfugiés syriens d’ici la fin de 2015 était une promesse irréaliste, spécialement dans un contexte si divisé que celui-ci. Certes, des vies humaines sont en jeu et il faut agir rapidement, mais aussi correctement. Ce n’est pas tout de recevoir ces gens, il faudra aussi les loger, les nourrir et leur trouver du travail. Trudeau devra ainsi plutôt recevoir ces 25 000 réfugiés d’ici la fin mars, un délai plus réaliste, mais encore un peu utopique. L’une des priorités de son gouvernement, en 2016, sera d’intégrer ces nouveaux Canadiens à la société, mais aussi de conscientiser sa population, en plein débat, à l’importance du rôle canadien dans l’action humanitaire.

#2 : Renverser les compressions budgétaires de Radio-Canada

Élevées à près de 150 millions de dollars, les compressions budgétaires constituent une mesure aberrante pour le milieu médiatique, semblant venir d’une toute autre époque, comme si l’information n’était pas une priorité nationale. Cette année, Mélanie Joly devra se charger de trouver le capital, de l’investir et de redorer l’image des réseaux publics du pays. En 2016, il pressera de venir en aide au diffuseur public afin qu’il prenne le virage vers le numérique et la modernisation. Il s’agit de beaucoup, voire même de trop, sachant que l’on vise, ambitieusement, à revoir le processus de nomination des membres du C.A et à doubler l’investissement dans le Conseil des arts du Canada. À trop vouloir en faire, on trébuche.

#3 : Annuler le projet des oléoducs du Northern Gateway

Plusieurs groupes écologistes, comme ForestEthics, ont reconnu la pertinence de l’engagement libéral envers l’annulation des oléoducs du Northern Gateway qui relieraient l’Alberta à la Colombie-Britannique. Une option plus sécuritaire, peut-être, mais relativement arriérée, considérant que le carburant électrique est en plein essor. En 2016, Justin Trudeau devra faire le suivi du moratoire sur le trafic pétrolier qu’il a formulé dans une lettre au ministre des Transports, Marc Garneau. S’ils souhaitent demeurer fidèles à leurs paroles, les libéraux devront annuler le projet en tenant tête aux puissants lobbys d’opposition de l’Ouest canadien.

Trois beaux défis pour Trudeau et sa bande. Et plusieurs grands enjeux à débattre. Chaque jour, notre Justin national devra aussi porter attention au compteur de la dette.