La semaine dernière, je vous ai témoigné mon admiration pour tous ces gens qui s’impliquent au sein des différentes organisations scolaires, notamment au sein des médias étudiants. Il y a trois jours, on m’appelle pour m’interroger sur la viabilité d’Impact Campus et sur nos 25e que nous avons fêté jeudi. On m’explique que c’est pour un article concernant les difficultés financières d’un de nos homonymes à Montréal.

Je me demandai alors ce qui pouvait mener un journal étudiant à s’éteindre. Un journal où seulement quelques employés sont rémunérés, où le nombre de copies imprimées est souvent très peu élevé, où une partie des revenus provient de cotisations étudiantes et où les collaborateurs sont bénévoles. J’en suis arrivé à deux hypothèses : soit les dirigeants du journal ont très mal fait leur travail ( ce qui m’étonnerait énormément vu la surveillance qui est faite par les différentes instances universitaires sur les finances des associations étudiantes ), soit plus personne n’accorde d’importance aux médias étudiants. Vous ferez le test, demandez à vos amis s’ils savent seulement ce qu’est Impact Campus et je vous confirme tout de suite qu’ils ne sauront probablement pas de quoi il s’agit. La raison est simple, et je ne suis pas le premier à le constater, non seulement les gens ne lisent plus les journaux, ils sont aussi de plus en plus rare, à lire tout simplement. Et pourquoi ? Parce que ça prend trop de temps, où du moins ça demande de la réflexion, ce qui nous fait croire que ça nous prend du temps. Car une heure aujourd’hui, c’est énorme, on voit probablement la fin arriver trop vite lorsqu’on s’y arrête et qu’on y pense, mais devant Occupation Double ou Le Banquier, on oublie tout ça.

Ce qui me ramène au point de la lecture, ou plutôt à la non-lecture, à ce fléau qui touche une majorité de Nord-Américains. Car il n’y a pas que les médias universitaires qui en arrachent, en fait très peu de journaux sont rentables en Amérique du Nord et c’est ce qui est inquiétant. Pourquoi ne nous intéressons plus à l’actualité autant qu’avant ? J’aimerais bien croire que c’est parce que le temps nous manque, mais c’est le cynisme qui nous engloutit et qui nous rend inconscients.

Alors pourquoi nous acharner ? Peut-être faudrait-il mettre la clé dans la porte de tous les médias étudiants, ces donneurs d’espoir de la relève journalistique, pour se concentrer davantage sur autres choses.

Et puis non, le cynisme ne nous gagnera pas.

Hubert Gaudreau