Rosalie Readman

Il y a eu tout un débat dans la dernière année à savoir si les grèves étudiantes étaient légitimes ou non. Cela n’a pas changé, à ce que je sache, le fait que le phénomène des « scabs » dans le cas d’un conflit de travail régulier est encore quelque chose à ne pas tolérer dans notre société. Petit retour historique sur le sujet, Pierre Karl Péladeau ( PKP ) a tout de même déjà profité, même éhontément profité pendant plusieurs années, du fait que la loi n’était pas à jour pour contourner ce principe. En effet, maintenant avec Internet, plus besoin de franchir la porte de l’entreprise pour être le « scab » des journalistes qui étaient mis en lock-out de force par leur employeur, M. Péladeau.

Dans Super Nanny ( l’émission où des parents en difficulté apprennent à gérer leur enfant turbulent ), on essaie d’enseigner, à la base, à ne pas envoyer des signaux contradictoires en récompensant des enfants lorsqu’ils ont des mauvaises conduites. Il ne doit pas y avoir beaucoup de personnes au PQ qui écoutent l’émission, parce qu’on vient de nommer PKP à la tête de la plus grande société d’État du Québec.

Si seulement les lock-out qu’il faisait durer par des pratiques douteuses étaient son principal défaut. L’idée même de baisser la qualité de ce qu’on vend en pensant que les gens ne seront pas assez éveillés pour y voir une différence, c’est sa marque de commerce. Tout comme le manque de transparence et un manque de volonté envers des règles minimales. Je parle entre autres, pour ce dernier cas, du fait qu’il retire un à un tous ses médias du Conseil de presse. Or, peu importe le nombre de motions de blâme, il n’a plus à se justifier.

Je ne sais pas si vous savez ce qui se passe en ce moment à Hydro-Québec ? Sinon, le mot « bordel » vous ferait un beau topo. Il est de plus en plus question de rentrer le vérificateur général dans l’administration, parce que celle-ci manque de transparence et que la gestion est très loin d’être optimale.

Non, Hydro-Québec n’est pas une société d’État qui va bien. L’exemple des bonus grandissants pour les dirigeants alors qu’on affiche de moins bons rendements en est un exemple parmi d’autres. Régler cette situation demande de la rigueur, de la transparence et un effort vers une gestion reposant sur des « bons principes ». Comment pouvons-nous penser que PKP puisse représenter une bonne nomination en raison de ses antécédents ?

Et pensez-vous sincèrement que dans les prochains mois, quand les médias auront à sortir contre Hydro-Québec pour dénoncer de futurs problèmes, les nombreux médias de Québécor vont donner la permission à leurs journalistes de relater les faits comme ils le veulent ? Faire croire que tout ce qui se rattache à ton propriétaire est cute et le fun, ça passe quand c’est des revues à potins, la chaîne de sport qui fonctionne mal ou Star Académie, mais là, ce n’est plus juste du divertissement. C’EST LA PLUS GROSSE SOCIÉTÉ D’ÉTAT DU QUÉBEC ET DES MILLIARDS DE DOLLARS. Oui, je sais qu’écrire en majuscule, c’est crier, et je crie vraiment.

Il y avait d’ailleurs d’autres raisons que la nomination même qui me donnait envie de crier cette semaine. Ce qu’on nous a servi comme mauvaises excuses pour être heureux de cette nomination : Il a renoncé à son salaire, il est nationaliste, il veut redonner aux Québécois …

En conclusion, peu importe si des critiques sont soulevées et reportées dans les médias, elles seront toujours rabaissées par le fait qu’elles proviennent d’adversaires de M. Péladeau. Étrangement pourtant, je vous l’assure, si vous tendiez un peu l’oreille vous entendriez certainement les mêmes critiques chez ses propres soldats …