La rédaction d’Impact Campus avait prévu s’exprimer sur les quatre questions qu’elle n’avait pas encore couvertes dans la page éditoriale. Nous croyons que cela fait partie du mandat qui nous est donné par les étudiants. Malheureusement, la rédaction n’a pas pu le faire la semaine passée. Afin de pouvoir émettre notre opinion, nous avons dû créer 8 nouveaux comités partisans. Cette solution nous est apparue nécessaire afin d’agir en vertu du règlement référendaire de la CADEUL.

La CADEUL

L’association des étudiants de premier cycle demande actuellement une augmentation de sa cotisation. La liste des services offerts à ses membres et à l’ensemble de la communauté par l’association est très longue.

L’association a effectué une expansion importante de ses services dans les dernières années. Les Cafés Équilibre, mais également la reprise des installations alimentaires du pavillon Desjardins font que les finances de l’association, sans être problématiques, sont moins fluides qu’elles ne l’ont été.

L’association prévoit également continuer à prendre de l’expansion avec le projet de reprise du deuxième lot des services alimentaires, cette fois sur le reste du campus.

Nous ressentons un malaise avec la manière par laquelle la CADEUL mène cette campagne jusqu’à présent, mais également avec la manière avec laquelle elle envisage le futur.

Tout d’abord, la CADEUL a fait un surplus l’an passé. Ce surplus est causé par le non-versement de 1,8 salaire d’officier. D’après Maxime Morin, VP finances de la CADEUL, sans cette économie, le budget aurait été équilibré.

Nous considérons que la CADEUL n’a pas suffisamment expliqué la raison de ce déséquilibre entre les deux années et pourquoi cette situation doit être compensée par une hausse de cotisation.

Il n’en demeure pas moins que les services offerts par la CADEUL sont d’une manière générale d’une grande qualité. Face à cela, il est étrange de voir le manque de consultation auprès des étudiants.

Nous considérons donc que cette demande de la CADEUL peut être conçue comme un plébiscite de leur développement antérieur et futur. Le développement des services mérite d’être encouragé, mais pas uniquement du point de vue financier.

Nous comprenons qu’un référendum coûte cher et que la CADEUL a un mandat de reprise des installations alimentaires. Cependant, si le mandat concernant le laisser-passer universel mérite d’être renouvelé, pourquoi pas celui de la reprise des services alimentaires ?

Le danger réside du côté des coûts. Saveurs Campus, par exemple, est un bon service, mais si les étudiants paient 10 $ pour un repas chez Sodexo et 10 $ en plus d’une hausse de cotisation avec Saveurs Campus, nous sommes en droit de nous demander si le jeu en vaut réellement la chandelle.

Nous ne recommandons donc pas de voter en faveur ou en défaveur d’une augmentation de la cotisation étudiante de la CADEUL. La question porte plutôt, à notre sens, sur une consultation permettant aux étudiants de s’exprimer sur la politique actuelle de développement de leur association étudiante et d’entériner le développement futur, en particulier la reprise des installations alimentaires.

Le Quartier de la vie étudiante

L’Université Laval propose un projet de quartier des résidences. Un projet de prime abord très intéressant, mais qui semble manquer de présentation. Le site Internet du projet, bien que très beau, manque de détails importants selon nous.

Le projet, bien entendu, est encore à un stade embryonnaire, mais il reste qu’on demande aux étudiants de voter pour un concept plutôt que pour un projet en bonne et dûe forme. Un travail de développement qui sera effectué une fois le chantier lancé avec l’aide des étudiants.

N’en demeure pas moins un fait troublant : le plus jeune complexe de résidences du campus a été complété en 1970. La construction de nouveaux pavillons est donc une chose plus que souhaitable en particulier en ce qui a trait aux appartements pouvant être occupés par une clientèle en couple ou avec enfants.

Dans le contexte actuel de compressions, la cotisation étudiante est absolument nécessaire à la réalisation du projet. Il est donc important de prendre le temps de se renseigner, car les conséquences sont considérables; un vote contre et les édifices ne lèveront jamais de terre.

Un problème du service des résidences actuel est l’isolation qu’il crée entre les étudiants étrangers et le reste de la communauté universitaire. Le nouveau complexe comprendra de nouveaux services telles qu’une brûlerie et une épicerie multiculturelle.

L’Université parle de para-académisme afin de décrire « la manière dont la vie universitaire, individuelle et collective, se vit sur le campus » au-delà de l’activité académique. Il est clair qu’un tel pavillon pourrait aider à développer la vie universitaire. Concrètement, comment l’Université compte s’y prendre ? Le projet aurait gagné à être mieux défini sur ce point également.

L’Université tient sur son site à rappeler que le don fait par les étudiants a déjà servi à construire le pavillon Alphonse-Desjardins et le PEPS. Voter en faveur du Quartier de la vie étudiante reviendrait donc également à pérenniser le don et à faire oublier son statut, à la base ponctuel.

Notons également que le projet ne verra pas le jour avant plusieurs années et que la très grande majorité des étudiants actuels auront terminé leurs études au moment où le complexe sera inauguré.

De nombreux détails manquent avant de pouvoir se faire une tête sur ces sujets, mais un vote en faveur du Quartier de la vie étudiante n’est pas non plus un chèque en blanc.

Sans oublier que les étudiants ont toujours eu et auront toujours un droit de retrait de cette cotisation.

La garderie

C’est rare d’avoir la chance de réellement et concrètement aider son prochain. La question sur les garderies le permet. Simplement en choisissant de dédier 5 $ par session au projet, les étudiants peuvent avoir une portée réelle sur la vie des parents étudiants.

Un maigre tribut à payer afin d’avoir un impact concret dans la vie de collègues étudiants qui vivent bien souvent dans des situations précaires. On en parle bien peu pour une question aussi importante.

L’assurance santé

Il commençait à être temps que les assurances santé soient disponibles aux étudiants du premier cycle. Il ne reste plus qu’à entériner le tout en votant en faveur de l’arrivée d’une assurance au référendum de cette semaine.

Évidemment, les étudiants au premier cycle profitent souvent de l’assurance de leurs parents. Il est très important de comprendre que ces étudiants peuvent se retirer du service sans coût supplémentaire.

Les étudiants aux cycles supérieurs connaissent déjà les avantages d’une assurance santé. Les soins dentaires, certains spécialistes ainsi que généralement une assurance voyage garantissant l’intérêt de la chose.

Le temps est maintenant venu que les étudiants au baccalauréat profitent de cette couverture.

Ce qui ressort de manière générale de ces quatre questions est que l’Université et les associations étudiantes demandent de plus en plus aux étudiants pour des services que les anciennes générations payaient généralement à même leurs frais de scolarité.

Cela est peut être la conséquence du désengagement du gouvernement dans le domaine de l’éducation, mais il n’en demeure pas moins que les frais de scolarité et les frais institutionnels obligatoires seuls offrent de moins en moins de services et que les étudiants doivent de plus en plus s’impliquer financièrement dans le développement des services sur le campus.