Ce n’est presque pas un non-dit que Pierre-Karl Péladeau sera (sans difficultés) élu chef du Parti québécois dans quelques semaines. Il y a très bientôt un an que PKP lançait sa campagne électorale dans St-Jérome, aux côtés de Pauline Marois. Il lançait sa campagne en coup de poing (en l’air) et, par la même occasion, minait celle de sa chef. Au lendemain de cette soirée funeste pour le PQ, on voyait déjà les dauphins sauter en dehors de l’aquarium pour aiguiser leurs couteaux et dévorer la carcasse fumante de leur ancienne chef de meute.

Le 8 avril, Régis Labeaume disait que Péladeau n’était pas du genre à regarder le train passer. En sachant que la victoire lui était plus qu’accessible, le gourou du journalisme tabloïd québécois s’est laissé désirer.

Longtemps.

Mais le maire de Québec avait raison. PKP n’est pas resté sur le quai de la gare. Ne se contentant pas d’embarquer dans le train, il le conduit d’une main habile.

Si habile ?

Mercredi, le chef en devenir du PQ était à l’Université Laval pour s’adresser aux militants. Il était sur le campus d’une institution d’enseignement supérieur. Cette même institution qui, la même semaine, recevait de bien mauvaises nouvelles quant à son avenir. Austérité, coupes de programmes et tralala enweille donc!

PKP n’a pas dit un mot sur l’enseignement supérieur. Ou si, il a soutenu qu’il fallait aider les étudiants de 2e et 3e cycles dans leurs études.

OK. Merci!

Et les autres ? Les étudiants sont les premiers à écoper des coupes du gouvernement Couillard en éducation. Qu’on veuille se l’avouer ou non, les coupes auxquelles on assiste auront un impact. Comme disait le ministre Bolduc, il n’y a pas un étudiant qui va mourir de ça.

Péladeau donnait une conférence dans une université du pays qu’il espère construire, et il ne prend même pas la peine de modifier son discours pour parler du SEUL enjeu qui concerne vraiment les étudiants.

Politiquement, c’est plus qu’habile. Il n’a aucun avantage à se mouiller sur un sujet aussi sensible que l’éducation à peine trois ans après la grève de 2012. Mais on aurait aimé ça que pour une fois, un politicien nous parle pour vrai.

Nous sommes inquiets. Nous avons raison de l’être.

Pour mettre un baume sur notre inquiétude, il nous parle de souveraineté et d’un institut scientifique pour l’expliquer à la population. Oh, il est habile. On sait bien que cet institut n’est qu’une proposition à marteler à ses adversaires pour prouver à tout le monde qu’il a des idées. À savoir si cette idée sera encore sur la table dans deux mois ou dans trois ans, c’est autre chose.

En attendant, on va faire à semblant de croire que ses adversaires ont une chance.