édito1Cette semaine, l’un des personnages verts les plus connus du Québec ( et non, je ne parle pas ici de Hulk, quoi qu’il ne faut pas le contrarier lui non plus ), Laurent Proulx, fait encore jaser, cette fois en demandant la révocation des adhésions obligatoires aux associations étudiantes.

Ce que le coloré Laurent Proulx ne sait peut-être pas c’est, qu’il est déjà possible de retirer sa cotisation pour l’association étudiante de son université ainsi que pour une grande majorité d’associations étudiantes à travers le Québec, et ce, en étant toujours considéré comme étudiant de l’établissement dans lequel il étudie. De plus, même si son projet était porté à bien, la loi C-32 n’autorise l’accréditation que d’une seule grande association étudiante à être représentante de ses étudiantes et étudiants.

L’ultime démonstration de l’impertinence du projet de M. Proulx s’établit dans toute l’importance qu’il accorde aux actions politiques des dites associations. Lorsque l’on considère qu’une infime partie du budget sert aux actions politiques, c’est à se demander si Laurent Proulx est déçu des services offerts par son association étudiante qu’est la CADEUL. Déteste-t-il la nourriture du Pub universitaire ? Trouve-t-il l’agenda impertinent ? Le marché du livre usagé lui semble peut-être absurde ? Il n’est pourtant pas contre la radio étudiante de l’université, CHYZ 94,3, car depuis cette session, il collabore à une des émissions. Sait-il seulement qu’une grande partie du financement de la radio est possible grâce au versement des cotisations étudiantes via la CADEUL ?

En divisant les étudiants en deux associations de premier cycle ou même plus, c’est non seulement la radio, le pub, l’agenda, le marché du livre usagé, mais aussi presque toutes les activités sur le campus ainsi que l’aide juridique aux étudiants qui seront réduis ou même anéantis. Parlant de l’aide juridique, on suppose que monsieur Proulx s’y connait dans le domaine, considérant qu’il étudie en droit. Il doit donc être conscient que si ses démarches venaient à réussir, les droits des étudiants pourraient être bafoués. Ah oui, et les actions politiques aussi seraient touchées, mais comme c’est ce qui coûte le moins cher aux associations étudiantes, peut-être que ce serait l’une des choses épargnées par la division des cotisations.

Si monsieur Proulx est en désaccord avec les positions de son association étudiante et qu’il considère que l’ensemble de celles-ci ne représentent pas ses membres, peut-être devrait-il plutôt s’intéresser au processus démocratique de ces associations et se présenter en AG, ou du moins proposer une réforme. Mais j’oubliais, s’il n’opte pas pour ce genre de démarche, c’est peut-être parce qu’il sait pertinemment qu’une majorité d’étudiants sont en faveur des positions adoptées par leur association et que le seul moyen pour qu’il ne soit plus perdant, c’est en réduisant leur financement et ainsi, en faisant perdre l’ensemble des étudiants.

Hubert Gaudreau