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Malgré tout ce qu’on peut penser des manifestations, c’était beau, dimanche à Montréal, de voir des milliers de personnes s’être rassemblées sous un même but : celui de condamner vivement le racisme et la haine partout au Québec. Parmi les gens sur place, des centaines provenaient de la classe étudiante. Une autre démonstration de la force des campus dans la lutte contre les inégalités sociales.

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Dimanche matin, la CADEUL avait organisé un transport en bus sur le campus pour les étudiants de l’Université Laval qui souhaitaient se rendre à la grande manifestation. J’y étais, tout comme une trentaine d’entre nous. Notre bus s’est dirigé vers la métropole et est arrivé tout juste avant le début de la manifestation, vers 13h.

Soutenue par plus de 160 groupes communautaires, la « manif » à laquelle nous avons assistée était bel et bien l’occasion de faire entendre sa voix sur plusieurs enjeux politiques, autant pour la communauté estudiantine que la population en général.

L’effervescence de groupe s’est d’ailleurs rapidement faite sentir dans les rues. Après les points de presse avec les dizaines de médias s’étant déplacés pour l’occasion, ça y est : la marche est lancée. Au micro, plusieurs personnalités militantes rappellent à la foule de se faire bruyante pour faire comprendre à l’État que le racisme « n’a pas sa place ou sa tribune au Canada ».

« Les réfugiés, bienvenue, les racistes, out ! », ont scandé les manifestants tout au long de la marche, du parc Émilie-Gamelin jusqu’à la place du Canada. Au cœur de celle-ci, la veille, la statue de John. A Macdonald a été vandalisée. Les actes n’auraient toutefois rien à voir avec la manifestation, dit-on dans les médias.

Puis, à maintes reprises également, on a demandé au gouvernement de Philippe Couillard d’interrompre toutes les procédures concernant sa nouvelle loi 62 sur la neutralité religieuse, au nom du respect de l’intégrité de chacun.

Mais dans les rues, sur les côtés, les gens regardaient, les gens se questionnaient: pourquoi un énorme rassemblement, maintenant, disaient certains. Or, je crois que la réponse est toute simple : la tenue de ce rassemblement était carrément devenue nécessaire.

L’accumulation a ses limites

Depuis quelques mois déjà, partout à l’échelle de la province, plusieurs événements ont commencé à construire une forme de « peur de l’autre culture », selon le comité exécutif. Cela se traduit trop souvent par du racisme, sous toutes ses formes. Le phénomène n’est pas nouveau en soi, mais il prend ces jours-ci de l’ampleur et de l’influence dans l’espace public.

« L’attentat de Québec à la mosquée, les manifestations de l’extrême-droite, la Charte des valeurs du parti Québécois, l’élection du président américain Donald Trump ou encore les discours parfois islamophobes tenus dans nos médias » : voilà les quelques phénomènes majeurs que le comité exécutif de la manifestation souligne, lorsqu’on lui demande pourquoi s’être impliqué à fond dans le projet.

Ces cas marquants, quoique très différents, ont créé progressivement une « escalade de la haine », explique l’un des porte-paroles du groupe, en point de presse. Son équipe croit que cet élan dépasse dorénavant les réseaux sociaux ou l’extrémisme, et qu’il s’incruste dans les sphères plus traditionnelles de notre société.

Ce qui, en soi, n’est pas faux. On n’a qu’à s’attarder à la question toute particulière de l’ascension de l’extrême-droite au Québec qui, depuis les manifestations du 20 août dernier dans la Vieille Capitale, gagne de plus en plus de légitimité auprès de certaines franges de la droite.

C’est inquiétant, et ça doit être souligné, je pense.

Et maintenant ?

Non, la manifestation de Montréal n’aura évidemment pas réglé les choses, mais elle aura au moins fait partie de la solution, conviennent les organisateurs. Elle aura, autrement dit, lancé l’invitation à bien d’autres organismes, qui promettent de se mobiliser d’ici les prochains mois à Québec cette fois.

D’ailleurs, le 25 novembre prochain, une contre-manifestation est organisée pour lutter contre le groupe extrémiste de Storm Alliance, qui prévoit marcher dans les rues de la Vieille Capitale.

Ce sera l’occasion, entre autres, de poursuivre la lutte contre des discours racistes, islamophobes et irrespectueux. Ce sera le temps aussi de remettre en question des narratifs douteux comme celui de l’ennemi juré qu’est le musulman, aux dires de ces groupes.

Il faut construire, plus que jamais, sur une tradition de fierté commune, de respect et de mutuelle compréhension. Et pour y arriver, les étudiants auront tout un rôle à jouer. Ils auront une grande responsabilité, eux qui sont très souvent les catalyseurs de crises sociales importantes.


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