Une forêt comporte différents «étages» de sous-bois où se trouvent des arbres de toutes les tailles et de tous les âges. Cette structure maintient une diversité des habitats et se régénère rapidement: «Lorsqu’un vieil arbre meurt, un plus jeune prend rapidement sa place. Dans l’industrie forestière, ce n’est pas le cas. Lorsque les arbres sont rasés, tous ceux qui repoussent ont le même âge et la même taille», explique
Greg Saint-Hilaire, étudiant à la maîtrise en science forestière et animateur du kiosque de la forêt Montmorency lors du Salon de la forêt qui se déroulait au Centre de foires de Québec la fin de semaine dernière.

La technique de coupe progressive consiste à sélectionner les arbres qui sont coupés pour diversifier végétation. «La coupe se fait de manière à ce que le paysage ne se détériore pas. Les arbres susceptibles de tomber le long des sentiers sont coupés dès qu’ils sont découverts pour ne pas qu’ils tombent sur la tête des visiteurs», reprend Greg Saint-Hilaire.

La coupe progressive et l’industrie
Les recherches effectuées à la forêt Montmorency doivent pousser l’industrie forestière à adopter des techniques de récoltes qui favorisent le développement durable des forêts. «Pour le moment, la coupe progressive se fait très peu dans l’industrie. Elle coûte plus cher que la coupe conventionnelle car des coûts de planification sont ajoutés. La Faculté de foresterie essaie de montrer la faisabilité de la technique de coupe progressive à l’industrie», ajoute Greg Saint-Hilaire.

Pour les étudiants de la Faculté de foresterie et de géomatique, le défi demeure de convaincre les entreprises forestières. «Elles ont beaucoup de préjugés par rapport à la coupe progressive, dont une production insuffisante. Elles craignent aussi que trop d’arbres soient déracinés par le vent à l’intérieur des nombreux éclaircissements. La Faculté veut leur prouver que des machines spécialement conçues pour la coupe progressive existent et qu’elles sont capables d’aller chercher un bon volume de billes de bois. La Faculté croit à la coupe progressive pour les gains qu’elle apporte aux écosystèmes et au développement durable», conclut Greg Saint-Hilaire.