La grippe est causée par le virus de l’influenza, une particule qui doit infecter une cellule hôte pour pouvoir se multiplier. Le virus de la grippe cible les cellules du tractus respiratoire en s’y attachant. Par la suite, l’information génétique du virus est libérée à l’intérieur de la cellule, afin de détourner la machinerie cellulaire fonctionnelle de la cellule de ses fonctions et de l’utiliser à ses propres fins. Plusieurs copies des gènes viraux sont ensuite effectuées à l’intérieur de la cellule et relâchées dans l’organisme lorsque la cellule meurt. La grippe est différente du rhume, puisque la grippe est souvent associée à une montée de fièvre et à un épuisement général, alors que le rhume est plutôt caractérisé par des maux de gorge, des écoulements nasaux et des éternuements, rarement par de la fièvre.

Influenza et vaccination
Vous l’avez probablement remarqué, les campagnes de vaccination antigrippale ont débuté au début du mois de novembre. Pourquoi? Il est conseillé de se faire vacciner en automne, juste avant la saison hivernale, pour que les défenses immunitaires soient prêtes à affronter les souches du virus ciblées. En quoi consiste le vaccin? Comme le virus n’est pas une bactérie, il ne peut pas être éliminé par des antibiotiques. Pour prévenir une infection, il faut donc conditionner l’organisme humain à une attaque virale. Pour ce faire, les souches virales contre lesquelles on veut conférer une protection durant l’hiver sont administrées dans le vaccin, après avoir été préalablement atténuées. Par conséquent, le virus injecté sera inoffensif, mais présentera assez de ses molécules pour que le système immunitaire puisse les reconnaître et produire les défenses appropriées. Plus tard, lorsque ces défenses appelées «anticorps» rencontreront le virus de l’influenza actif, elles seront capables de l’éliminer de façon adéquate.

Comment peut-on déterminerquelle souche virale risque d’infecter les humains chaque année? Une réunion annuelle présidée par l’Organisation mondiale de la santé détermine les menaces biologiques et les types de souches contre lesquelles il faudrait développer un vaccin. Cette année le vaccin est constitué des trois souches qui sont considérées les plus dangereuses pour l’humain.

Risque d’une pandémie?
Une pandémie de grippe est une épidémie à l’échelle mondiale. C’est une menace très sérieuse qui peut être associée à une importante mortalité causée par des virus contre lesquels les humains sont peu ou pas immunisés, le virus de la grippe aviaire H5N1, par exemple. D’après le site Web de GlaxoSmithKline (GSK), le plus grand fabricant de vaccins antigrippaux au Canada, on ne peut prédire avec exactitude quelle souche peut être à l’origine d’une pandémie. Il semblerait que la souche aviaire H5N1, touchant déjà plusieurs espèces d’oiseaux dans le monde, sera probablement la souche mère d’une éventuelle pandémie. «Chez les humains qui ont contracté le virus de la grippe aviaire, le taux de mortalité était supérieur à 50 %. Donc, une personne infectée sur deux est décédée des suites de la grippe aviaire, ce qui est extrêmement élevé», explique Gaston de Serres, professeur au Département de médecine sociale et préventive à l’Université Laval. «La possibilité que H5N1 soit capable d’infecter l’humain et qu’il soit capable de s’y adapter est possible, mais il n’est pas possible de le prévoir» ajoute-t-il. Plusieurs essais cliniques ont été effectués en Europe sous le joug de GSK, afin de mettre au point un vaccin qui pourrait protéger les humains contre la souche H5N1. «Si le virus du vaccin sélectionné est proche du virus qui circule, son efficacité sera très bonne, alors que s’il s’avère qu’ils sont différents, l’efficacité du vaccin sera moindre», explique M. de Serres.

Soixante secondes
C’est le temps nécessaire pour détecter et identifier des virus! Cette nouvelle invention utilise la spectroscopie, une technologie qui pourrait révolutionner et changer la mise lorsqu’une pandémie se profilera. Autrefois, cela pouvait prendre plusieurs semaines avant d’identifier un virus qui causait des épidémies. Le temps, dans de telles circonstances, représente des vies humaines. Ce nouveau système pourra identifier le type de virus trouvé, ainsi que les mutations génétiques potentielles de chaque virus. Les patients obtiendront ainsi un diagnostic rapide, personnalisé et les médecins pourront prendre des décisions plus rapidemment.

La prochaine pandémie pourrait être proche, mais à la différence des autres pandémies de grippe ayant eu lieu au
20e siècle, nous devrions être mieux armés.

Quand l’hiver vous tient en grippe

Il faut se faire vacciner en automne afin de pouvoir combattre le virus en hiver. Pourquoi en hiver? Des virologues ont récemment montré que le virus de la grippe se transmettait mieux à basse température: le virus se répandrait mieux dans l’environnement et serait plus stable à basse température. En effet, lorsqu’on tousse ou qu’on éternue, des gouttes microscopiques d’eau pouvant contenir un virus pénètrent dans l’air. Comme le froid assèche l’air, le virus dépourvu d’eau peut alors se promener et se disperser. De plus, l’air sec caractéristique de l’hiver favorise l’attachement du virus aux muqueuses nasales.