La permaculture est une vision, une approche, un mode de vie l’humain ne cherche plus à dominer la nature, mais assume qu’il en fasse partie intégrante. À partir du constat l’être humain est un élément de la nature, au même titre que l’abeille ou le chêne, la permaculture permet de rappeler l’importance du rôle de chaque être vivant ou inerte dans son écosystème respectif.

Cependant, il est courant de résumer la permaculture à une manière de cultiver la terre. Or, cette notion, vieille d’une trentaine d’années, a plusieurs visages. On peut considérer la permaculture tant comme une technique de design de l’habitat humain dans un écosystème donné, tant comme une méthodologie intégrant foresterie, agriculture et écologie dans la base de notre système alimentaire. Ou bien comme une science systémique cherchant à réaliser l’intégration et l’interaction de manière viable et permanente de l’humain dans les différents écosystèmes il vit.

La notion de permaculture est donc implicitement plus radicale que le concept de développement durable. Ce dernier, du constat de l’impuissance humaine face aux irrégularités croissantes du climat, fut proposé pour concilier croissance économique, conservation de l’environnement, et dans une moindre mesure, amélioration du bien-être social. D’où le choix des mots : développement et durabilité. Si la permaculture se popularise aujourd’hui, c’est parce que l’extraction des énergies fossiles qui est à l’origine du développement exceptionnel des sociétés occidentales est aujourd’hui en déclin. En effet, contrairement au développement durable, la permaculture n’incite pas à remplacer l’énergie polluante par de l’énergie propre, mais de diminuer nos besoins en énergie.

Concrètement, la permaculture implique la notion de diversité, contrairement à l’agriculture conventionnelle qui se base sur un système de production valorisant la monoculture. Par exemple, il est reconnu que la culture associée de la courge, du maïs, et des haricots (aussi appelés « les trois sœurs ») donne un rendement plus élevé que s’ils sont cultivés isolément.

Face aux problèmes que connaît l’agriculture moderne et notre société en général, le développement durable cherche à « verdir » des pratiques classiques. Tandis que la permaculture cherche à repenser le fondement même de l’approche de l’humain vis à vis de la nature. Autrement dit, plutôt que de rouler avec du biodiesel, autant rouler en vélo.