Le British Medical Journal publiait le 21 Octobre dernier les résultats d’une étude réalisée par l’Institut d’épidémiologie du cancer du Danemark. Patrizia Frei et son équipe ont commencé leurs recherches en 1990 et ont suivi plus de 350 000 participants qui détenaient un téléphone portable.

Selon les résultats obtenus, le téléphone n’augmenterait pas le risque de cancers du cerveau. Pour réaliser cette étude, les chercheurs ont eu recours à une méthodologie originale. En effet, au Danemark, toute personne se voit attribuer dès sa naissance un numéro d’identification personnel qui assure l’anonymat dans toutes ses démarches d’inscriptions administratives comme les abonnements téléphoniques.

Ainsi, les chercheurs ont corrélé les fichiers des personnes atteintes de tumeurs cérébrales avec  ceux des abonnés téléphoniques.

Au final, la variation de cancers entre les abonnés et les non-abonnés téléphoniques est «non significative» d’après Patrizia Frei. Elle et son équipe ont conclu à l’absence d’une relation de cause à effet entre l’usage du cellulaire et le risque de développer une tumeur cérébrale.

Contradictions

Cependant, ces résultats ne coïncident pas avec ceux de l’étude Interphone réalisée dans 13 pays et lancée par le Centre international de recherche sur le cancer de l’Organisation mondiale de la santé. Cette étude consistait à l’interrogation de malades atteints du cancer du cerveau au sujet de leur utilisation du cellulaire. Les résultats ont d’ailleurs été comparés à ceux d’autres sujets du même âge et en bonne santé. Mais, de manière générale, les personnes atteintes ont tendance à se souvenir plus facilement de leur comportement passé pour tenter de comprendre leur maladie. Cette difficulté méthodologique a permis aux chercheurs  d’annoncer dans l’International Journal of Epidemiology en mai 2010 que le téléphone serait «peut-être cancérigène». 

Si ce panel d’étude ne prenait pas en compte les jeunes, il existe néanmoins un nouveau projet en cours, Mobikids, visant à  étudier le risque de tumeurs cérébrales chez les enfants et les adolescents. Cette étude a  été officiellement lancée le 1er mars 2009 et durera cinq ans.

Crédit photo : Claudy Rivard