En plus d’être un fabricant d’herbicides, Monsanto possède 90 % des brevets du maïs, du soja et du coton transgéniques cultivés dans le monde. Selon le documentaire, la société est présente dans 46 pays et y rachète des compagnies de semences afin d’imposer leurs grains génétiquement modifiés, ce qui obligerait les agriculteurs à n’acheter que du «Monsanto».

Ces semences transgéniques sont conçues, entre autres, pour résister au Roundup, l’herbicide le plus vendu, qui est aussi fabriqué par Monsanto. Selon Mme Robin, les produits issus des plants génétiquement modifiés et commercialisés aux États-Unis sont soumis à des tests peu rigoureux et corrompus par les membres de Monsanto impliqués dans la Fédération américaine des aliments (FDA).

Pour François Belzile, professeur de phytologie à l’Université Laval et expert en OGM, si
12 millions d’agriculteurs du tiers-monde et des pays développés cultivent des plants de Monsanto, c’est qu’ils en tirent un bénéfice. Selon lui, Mme Robin fait preuve de malhonnêteté intellectuelle en ce qui concerne les plantes transgéniques: «Mme Robin diabolise les OGM et véhicule des légendes urbaines sans preuves à l’appui. Je ne crois pas à la théorie du complot de Monsanto sur l’alimentation mondiale. On ne peut pas tromper tout le monde pendant aussi longtemps.»

Au Canada, certaines plantes génétiquement modifiées, comme le maïs, le soja et le canola, sont déjà cultivées. Ces plantes sont modifiées afin de résister aux herbicides ou à certains insectes. C’est le cas du maïs contenant la toxine BT. Cette toxine serait sans danger pour le corps humain. «Elle est présente dans les bactéries qui résistent à différents insectes», explique David Carter, conseiller scientifique et spécialiste des OGM au ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs. Il ajoute que le gène de la toxine BT est prélevé sur ces bactéries pour être ensuite incorporé dans l’ADN du maïs: celui-ci devient alors résistant aux insectes nuisibles, et ce, sans pesticides.

Pour François Belzile, il ne faut pas croire que les OGM sont soumis à des tests peu rigoureux: «Au Canada, tous les végétaux à caractères nouveaux sur lesquels nous n’avons pas d’expérience passée subissent une batterie de tests, tant sur le plan alimentaire qu’environnemental.»

«En empêchant les insectes nuisibles de s’attaquer aux plants, on les empêche aussi de libérer une toxine qui pourrait être néfaste pour l’humain», poursuit M. Belzile. Des recherches en cours sur le développement d’une variété de riz qui contiendrait de la vitamine A, le riz doré, pourrait répondre à certains besoins alimentaires dans les pays du tiers-monde. «Il reste encore des étapes à franchir, mais ce riz fortifié pourrait aider des gens dont la seule alimentation est le riz, conclut M. Belzile. La mise en marché pourrait se faire autour de 2010.»