Maya Saleh, une prolifique chercheuse en infectiologie et immunologie à la faculté de médecine de McGill depuis 2005, fait l’objet d’une enquête approfondie par l’Université McGill à la suite d’allégations de «manquement à l’intégrité en matière de recherche». 

Catherine Gilbert

C’est sur le blogue Retraction Watch qu’il était possible de lire la semaine passée que Maya Saleh, professeure associée à l’Université McGill, faisait l’objet d’une enquête concernant quatre articles scientifiques dont elle était co-auteure. Elle ferait face à des allégations de «manquement à l’intégrité en matière de recherche». C’est dans la revue Nature, en 2006, que l’on peut trouver deux figures qui auraient été falsifiées intentionnellement. De plus, une des deux figures en question se retrouverait également dans un second article paru dans Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS) en 2008.

Le comité affirme que les retouches apportées à ces figures ne remettent toutefois pas en question les conclusions de l’étude. Néanmoins, il recommande que des corrections soient apportées aux deux articles et en a prévenu les rédacteurs en chef de Nature et de PNAS.

Il faut savoir qu’il n’est pas possible d’identifier spécifiquement la personne coupable de cette falsification. Par contre, puisque Maya Saleh figure comme première auteure de l’article dans Nature, elle doit assumer une part des responsabilités puisqu’elle était responsable du contenu.

Un troisième article paru en 2008 dans la revue Cell Host and Microbe contiendrait également des imperfections ayant été retouchées. En sciences et dans bien d’autres domaines, il n’est pas acceptable de procéder à des modifications de ce genre. Ce qui n’aide pas la cause des chercheurs coupables, c’est que les clichés originaux obtenus lors des expérimentations n’ont pas été retrouvés. Selon le comité, les irrégularités relevées dans un quatrième article publié dans Immunity en 2009 sont quant à elles « dues aux artefacts créés lors de la numérisation de l’article pour la publication ».

Il est vrai que parfois un chercheur serait tenté de modifier ces résultats à l’aide d’un logiciel comme Photoshop, mais cette pratique n’est pas acceptable. Le but d’une recherche scientifique reste la découverte d’éléments nouveaux et non de rendre des résultats plus probants. Maintenant, les grandes revues scientifiques se protègent en ajoutant dans le proacessus d’évaluation par les pairs une vérification des images afin de s’assurer qu’elles n’ont pas été trafiquées. Dans certaines revues prestigieuses, les pairs évaluateurs sont même invités à reproduire certains des résultats avancés afin de corroborer les conclusions des auteurs.