Dr Richard Goulet, pédiatre à la Clinique pédiatrique Laennec Inc. de Québec, a entretenu le public sur un thème assez délicat: les troubles de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDA/H).

Mythe ou réalité?
Plusieurs enfants seraient victimes de TDA/H à la maternelle, au primaire et au secondaire. Malheureusement, notre société stigmatise ces types de comportements et accusent les victimes à tort. Les enfants ayant des troubles de l’attention sont souvent considérés comme paresseux ou dissipés, ce qui contribue à leur isolement social. Alors, le TDA/H est-ce une invention des compagnies pharmaceutiques? «Non», répond le Dr Goulet, «c’est une vraie maladie. Une maladie a des symptômes, cause un problème ou une dysfonction et entraîne de lourdes conséquences, ce qui est clairement le cas de ces troubles du comportement».

Causes et conséquences
En effet, au-delà des troubles observables chez les enfants, les causes de ces changements de comportement seraient dues à des fluctuations de molécules biochimiques au niveau des influx nerveux dans le cerveau des enfants. En plus de ces causes neurochimiques, la génétique et l’environnement de l’enfant jouent un rôle dans l’importance du TDA/H. La composante génétique a été remarquée: on observe souvent des conditions où les enfants d’âge primaire avaient le même comportement que leurs grands-parents. Les troubles de l’attention et du comportement touchent beaucoup plus les garçons que les filles. Généralement, ces troubles sont synonymes d’agitation, de curiosité insatiable, d’agressivité et d’une tendance poussée à l’opposition.

Évaluation diagnostique
Comme l’explique le Dr Goulet, tous les pédiatres et les psychologues se doivent de faire une analyse complète des enfants dont les parents suspectent des situations de TDA/H: «Cela doit débuter avec une entrevue qui permettra de mettre en contexte l’histoire de l’enfant, suivis par un examen physique, un bilan neurologique et un rapport des intervenants». Parmi les intervenants, il est possible de consulter des psychologues, des orthopédagogues, des orthophonistes, des éducateurs et des intervenants sociaux, dans l’objectif de parvenir à une thérapie multidisciplinaire. Selon les diagnostics observés, les médecins peuvent prescrire des médicaments stimulants tel que le Ritalin, ou non stimulants comme le Strattera.

Et les parents?
Très souvent, les parents ne sont pas en reste dans le cas où leur enfant a des troubles de l’attention. Des conséquences fâcheuses ont souvent été remarquées, notamment dans la sphère professionnelle des parents. Il advient souvent qu’un parent abandonne son emploi à cause des nombreuses réunions et convocations dont son enfant fait l’objet. Cela n’a pas lieu sans son lot de stress, de frustrations et de conflits. Par ailleurs, les coûts engendrés par la prise en charge des enfants «difficiles» sont une autre source de problèmes au sein de la famille.