La découverte s’est produite de façon tout à fait fortuite alors que les chercheurs mesuraient certains composés volatiles organiques près d’une forêt de noyers en Californie. C’est avec surprise qu’ils ont découvert que l’air contenait du salicylate de méthyle, une forme d’acide acetylsalicylique, mieux connue sous le nom d’aspirine. Les scientifiques savaient que les plantes en laboratoire pouvaient produire du salicylate de méthyle. Cependant, c’était la première fois qu’ils réalisaient que les plantes pouvaient relâcher ce composé naturellement dans l’atmosphère.

Pour prévenir les bobos des plantes…
Nous, les humains, prenons de l’aspirine pour réduire fièvre, maux de tête et autres inconforts. Mais à quoi peut bien servir la production d’aspirine chez la plante? Non, l’aspirine ne sert pas à guérir les pétales endoloris. Les chercheurs ont avancé deux hypothèses quant à l’utilité de la production d’aspirine chez les végétaux. Premièrement, le salicylate de méthyle permettrait aux plantes de résister aux stress, les changements de température, par exemple, et de survivre à la suite d’une maladie. En effet, le salicylate de méthyle activerait les gènes reliés au système de défense des végétaux. Deuxièmement, ce composé chimique alerterait les plantes voisines d’un danger immédiat. Ce serait un moyen de communication.

…et les maux de tête des cultivateurs
Cette découverte pourrait être bien utile aux producteurs. Ceux-ci se fient habituellement à ce qu’ils voient pour juger de la santé de leurs cultures. Des feuilles mortes ou à moitié dévorées les informent de maladies ou de la présence d’un visiteur à six pattes par exemple. Malheureusement, quand ces signes les avertissent, il est souvent trop tard pour sauver les plantes. Les cultivateurs ont maintenant la possibilité de détecter immédiatement toute agression qui survient au sein de leurs plantations, de l’infestation d’insectes au moindre signe de maladie. À quand l’humain producteur de Tylenol, de Réactine ou d’autres médicaments?