Le Québec s’est doté dernièrement d’une règlementation entourant la protection des sources d’eau potable. Plus récemment, la Communauté métropolitaine de Québec (CMQ) a adopté un règlement de contrôle intérimaire afin de limiter la construction dans la couronne nord. Le constat est clair : nous devons agir.

Afin de mieux outiller les municipalités et de permettre aux chercheurs d’échanger sur les enjeux entourant la protection de l’eau potable, le Regroupement des organismes de bassins versants du Québec a organisé la quatrième édition du Rendez-vous international sur la gestion intégrée de l’eau.

L’évènement, qui se déroulait au pavillon Alphonse-Desjardins de l’Université Laval du 1er au 3 novembre, regroupait des spécialistes issus de différentes disciplines concernées par la gouvernance de l’eau. Il y était notamment question de l’état des sources d’eau potable dans le monde, de la gestion des risques et des mesures d’urgence, des stratégies et des mesures de protection, et ce, en plus des instruments règlementaires et économiques.

La Chaire de recherche en eau potable de l’Université Laval était au cœur du comité organisateur. La raison est plutôt simple selon le professeur titulaire Manuel Rodriguez : la majorité des travaux traitent de la protection des sources d’eau potable. Il est donc tout naturel pour la chaire de s’impliquer dans des évènements comme celui-ci.

Le but ultime de ce rendez-vous était de s’inspirer de ce que les autres font ou projettent de faire afin de poser des gestes concrets.

« On voulait voir c’était quoi les nouvelles connaissances, les nouvelles approches. On a beaucoup discuté des pistes de solutions. C’était une conférence scientifique à vocation très appliquée », soutient-il.

Défis techniques

Selon le professeur titulaire, les principaux défis sont d’ordre technique. « On doit avoir de bonnes données, autant en matière de qualité de l’eau qu’en occupation du territoire. Et ces données doivent être utilisées par les gestionnaires pour harmoniser le tout afin de pouvoir être en mesure de continuer à développer les territoires », admet-il.

« Ce qui est le plus difficile, c’est d’appliquer les mesures de protection des sources d’eau potable sur un territoire qui est déjà habité, de poursuivre Manuel Rodriguez. C’est difficile d’appliquer de nouvelles règlementations et de changer des approches déjà bien établies. »

Incompréhension

Ce qui complique encore plus le travail des administrateurs, selon lui, c’est le manque de connaissances et de sensibilisation de la population. Il explique que les gens ne sentent pas l’urgence d’agir, donc ils ne comprennent pas pourquoi ils devraient changer leur style de vie.

« C’est important de protéger les sources, pas seulement pour les raisons environnementales, mais aussi économiques. Si on les épuise, il faudra en utiliser d’autres et c’est très couteux. Il faut regarder la situation sur le long terme. Oui, ce sont des investissements, des compromis, mais ils vont nous rapporter dans quelques années », lance-t-il.

Il conclut en mentionnant que tous les développements, qu’ils soient agricoles, industriels ou urbains, vont générer des déchets qui doivent être gérés.