L’Université Laval annonçait en grande pompe la semaine dernière qu’elle avait obtenu la certification « or » du programme de développement durable Sustainability Tracking, Assessment & Rating System (STARS). Cette certification vient s’ajouter à celle de la Coalition jeunesse Sierra déjà obtenue depuis quelques années. Qu’en est-il réellement de ces attestations? Ont-elles un réel impact ou est-ce simplement ce qu’on appelle de l’éco blanchissement? Impact Campus a rencontré Éric Bauce, vice-recteur à l’exécutif et au développement, pour en savoir plus.

« Essentiellement, ce que ça nous dit,  la communauté internationale, avec une évaluation rigoureuse basée sur des résultats plus que sur des promesses, nous dit : oui, vous êtes sur la bonne voie, ce que vous faites en développement durable, ça a du sens! », a voulu exprimer Éric Bauce.

Avec une note globale de 73.28 %, l’Université Laval est l’institution canadienne ayant obtenu la meilleure note dans le programme STARS. Elle se classe du même coup au neuvième rang mondial des universités en ce qui a trait au développement durable.

Pour le vice-recteur, la certification est importante, certes, mais c’est l’engagement des étudiants, des employés et de tous ceux qui fréquentent l’Université Laval qui est la récompense à long terme. « Le développement durable, ce sont des valeurs avant tout. Le but, c’est d’équiper les étudiants en leur donnant le maximum d’outils pour que ces valeurs-là soient transmises en société, et c’est certainement ce qui est le plus gratifiant dans tout ça », a expliqué M. Bauce.

Évaluation sur les résultats

C’est le principe d’évaluation sur les résultats qui a entrainé l’équipe d’Éric Bauce sur la voie de la certification STARS. Sept ans après le début des démarches pour faire de l’Université Laval un milieu de vie durable, le moment était venu, selon lui, de se faire évaluer en fonction de ce qui avait été obtenu. « C’est sur qu’au début, ce n’était pas vraiment possible de se faire évaluer sur les résultats. Il fallait commencer par se faire un plan d’action et créer tout ça, mais après sept ans, c’était intéressant de savoir si nos résultats étaient bons, si on était sur la bonne voie », a continué M. Bauce.

La note de 73.28% est la meilleure obtenue dans ce programme au Canada. En décortiquant la carte de pointage de l’UL, disponible sur le site web de l’organisme, on peut comprendre davantage en quoi notre institution s’est démarquée.

Il était intéressant de s’attarder à la section « opération » de la carte de pointage. Avec un score de 55.65 sur 99, il s’agit d’un très bon score. Il y a par contre certains objectifs qui se trouvent à être « non poursuivis » ou qui ont tout simplement eu la note de zéro. Par exemple, l’objectif des énergies propres et renouvelables est noté à 0/7.

« Dans le développement durable, il y a les trois composantes : économique, sociale et environnementale. Du côté environnemental et social, ça se passait assez bien, mais ce qui manquait, c’était la composante économique qui ne tenait pas la route. On n’arrivait pas à rentabiliser tout ça », a tenté d’expliquer le vice-recteur. Il ajoute qu’il n’est absolument pas exclu de penser qu’il sera éventuellement possible de réaliser un tel objectif.

Interrogé à savoir combien de temps a été nécessaire à la préparation de cette certification, le vice-recteur à l’exécutif et au développement rappelle que le développement durable se joue sur du long terme. Si le projet de la certification STARS en elle-même est jeune d’à peine un an, tout ce qui est derrière date de bien plus longtemps. Arrivé à l’Université Laval en 2007, M. Bauce avait le rêve de propulser l’institution dans les hautes sphères mondiales du développement durable. Le numéro deux de l’UL nuance toutefois son propos : « On ne s’est pas inscrit dans la démarche de développement durable pour être certifié. On s’y est engagé pour faire des choses concrètes dans ce domaine et pour faire changer les choses. »

La carboneutralité est un des aspects importants à ne pas abandonner dans le dossier du développement durable à l’UL. « C’est majeur pour nous de tout faire pour y arriver. Si le plus de gens y travaillent et finissent par y arriver, la somme de carboneutralité sera bonne pour la planète et pour les changements climatiques », a continué Éric Bauce.

« Il n’y a pas une finalité de se le dire, on est développement durable, et puis c’est tout, on s’en lave les mains, on a un plan d’action qui bouge et qui continue à changer », a-t-il spécifié.

Scepticisme écologique

Le phénomène d’écoblanchissement atteint durement la réputation d’organismes comme STARS ou la Coalition jeunesse Sierra. Certains disent que ces attestations ne sont que façade pour polir l’image d’une entreprise ou d’une institution. M. Bauce se dit conscient qu’il n’existe pas de certification ou de méthode de classement parfaite, mais il est tout de même très optimiste par rapport à l’avenir du développement durable.

« On est dans une société qui a cette espèce de besoin de classer tout le monde et tout ce qui bouge. C’est correct parce que ça permet d’avoir des points de repère. Il y en a qui sont bons, moins bons, plus ou moins rigoureux. Il y en a qui, scientifiquement, ne valent pas un clou, mais l’important, c’est de savoir dans quoi on s’embarque quand on s’engage. Il n’y a rien de parfait, mais leur existence est très importante pour aider les gens à comprendre, à faire face aux différents produits et à les comprendre », a terminé Éric Bauce.