Encore cette année s’est tenu le World Economic Forum à Davos en Suisse, du 20 au 23 janvier. Un panel sur les défis qui attendent le monde scientifique en 2016 a eu lieu: le Global Science Outlook. Résumé de la discussion des panélistes présents.

En 2016, de nombreux individus brillants et talentueux n’ont pas l’opportunité de s’épanouir dans le milieu scientifique. En cause : certains pays n’offrent pas un bon système d’éducation publique. De plus, même dans les endroits où l’éducation n’est pas un problème, plusieurs disciplines offrent peu d’emplois après les études universitaires. Ce pauvre taux de placement n’est cependant pas éternel. On peut voir des variations selon les générations. Cela amène donc une question taboue : devrait-on forcer la retraite de certains scientifiques âgés et moins productifs pour faire place aux jeunes ? Sans surprise, les panélistes ne se sont pas attardés sur cette question pour ne pas marcher sur des œufs.

Pour forcer la création d’opportunités, il faut aussi augmenter le nombre de jeunes qui choisissent d’étudier en science. Cela peut être réalisé en augmentant les initiatives politiques qui créent un engouement du public pour celles-ci. Par exemple, le discours de Kennedy sur la conquête de l’espace a inspiré une génération entière à travailler sur ou à encourager l’alunissage. Dans la même optique, il faut aussi encourager et célébrer les petites découvertes pour ne pas tomber dans une quête aveugle du grandiose.

Avancement à un rythme effréné

Au 21e siècle, le rythme des découvertes scientifiques n’a jamais été aussi rapide. Socialement, politiquement et économiquement, on demande des recherches de plus en plus efficaces et courtes. Des résultats rapides et applicables immédiatement en ingénierie sont grandement encouragés. Cela cause deux problèmes majeurs : les projets à long terme sur la science fondamentale manquent souvent de financement et la production de manuscrits scientifiques bâclés.

Cette situation va aussi avoir une influence sur la confiance du public envers le milieu scientifique. À une époque où l’information se transmet presque instantanément, les résultats d’une recherche peuvent être sus avant même qu’elle ne soit terminée. Cela cause donc bon nombre d’incompréhensions et d’erreurs qu’il faut corriger par la suite.

Et la science fondamentale?

La curiosité intellectuelle et les nouvelles possibilités de recherches augmentent proportionnellement avec la hausse du nombre de découvertes scientifiques. Donc, plus le rythme des découvertes accélère, plus de nouveaux projets cherchent du financement. Les gouvernements ne peuvent donc évidemment pas fournir le financement nécessaire à tous les nouveaux projets. Il faut donc se tourner vers le secteur privé pour obtenir des moyens financiers. C’est une solution autant qu’un problème, car souvent les entreprises vont financer des recherches dirigées vers leurs propres intérêts. Par conséquent, la science fondamentale est en ce moment laissée pour compte, et elle risque encore de l’être dans le futur.

En tant que société, il faut encourager la mise en place de mesures qui favorisent l’investissement des entreprises dans une variété de recherches. Une solution a d’ailleurs été proposée : pourquoi les gouvernements n’accorderaient-ils pas des réductions de taxes aux entreprises qui investissent dans la science fondamentale ?

Une partie du combat doit cependant être mené par la communauté scientifique. Elle devrait s’impliquer beaucoup plus dans sa politique régionale et proposer la création de milieux propices à la discussion où les politiciens, scientifiques et dirigeants d’entreprises peuvent coopérer plus efficacement.

Considérer le long terme

Le but général qui ressort du Global Science Outlook de 2016 est qu’il faut considérer la science sur le long terme. Il faut la considérer comme un domaine qui permet l’avancement global de l’intellect humain. Que ce soit avec ou sans des applications pratiques, les découvertes permettent le développement de l’humanité.

Il faut donc mettre de l’importance sur l’éducation et l’inspiration de nouvelles générations de scientifiques. Il faut diversifier le financement et laisser aux scientifiques une plus grande marge de manœuvre temporelle pour leurs recherches. Il faut informer le public sur les découvertes de la science, mais aussi sur son fonctionnement!

Tous ces défis semblent énormes à relever au cours de 2016, mais les experts ont rappelé à la fin de la conférence qu’il faut être optimiste. En effet, qu’une discussion majeure sur la science ait été intégrée dans l’édition de cette année du World Economic Forum est déjà un bon début.

Toutes les informations et discussions de ce texte ont été tirées de la conférence Global Science Outlook de 2016 qui peut être visionnée sur le lien suivant : http://www.weforum.org/events/world-economic-forum-annual-meeting-2016/sessions/global-science-outlook-78561f5f-1494-4565-bf32-d107eac5ea85