L’apport des Banques Alimentaires du Québec dans la lutte au phénomène de l’insécurité alimentaire, ou comment, entre autres, la provenance d’un ménage influence la contribution qu’il reçoit.

Au Québec, des banques alimentaires comme Moisson Québec consacrent l’ensemble de leur énergie à lutter contre l’insécurité alimentaire. À longueur d’année – et non pas juste durant le temps des Fêtes —, ils contribuent à la hauteur de leurs modestes moyens à en réduire la gravité. Mais justement, quel est l’apport exact de leur contribution?

Ne reculant devant rien pour trouver la réponse à cette question, Solange Law Kwon, étudiante à la maîtrise en Sciences de la consommation de l’Université Laval, s’est lancée dans un ambitieux projet : estimer la contribution globale des Banques alimentaires du Québec à titre de complément par rapport aux recommandations du Guide alimentaire canadien tout en cernant les facteurs qui conditionnent l’ampleur de leur don alimentaire.

Parler d’insécurité alimentaire ici même au Québec est quelque peu curieux. Après tout, cette problématique de la faim ou du manque de nourriture n’est-elle pas souvent associée au tiers-monde? Pourtant : selon des données de Statistiques Canada datant de 2009-2010, c’est 7 % de la population du Québec, ou environ un Québécois sur 14, qui est touchée par le phénomène.

Rencontrée la semaine dernière par Impact Campus, Mme Law Kwon a tout d’abord clarifié le concept d’insécurité alimentaire. « C’est une réalité qui se vit autant au niveau de l’individu que d’un pays entier, qui peut être transitoire comme chronique et qui affecte autant la quantité que la qualité de la nourriture disponible. De degrés de sévérité divers, l’insécurité alimentaire a des conséquences certes physiques, mais également psychologiques et sociales. Il n’est en effet jamais bien vu de recourir à l’aide alimentaire pour se nourrir », souligne-t-elle.

L’étudiante-chercheuse a effectué sa collecte de données sous forme de questionnaires distribués auprès des 18 Banques alimentaires du Québec. Responsables d’approvisionner plus de 1000 organismes d’aide alimentaire, ces dernières lui ont donc fourni un portrait assez global des denrées alimentaires reçues et des utilisateurs desservis partout au Québec en mars 2012.

Pourquoi avoir choisi le mois de mars? « Tout simplement parce que nous voulions un moment de l’année qui soit le plus représentatif possible du roulement normal d’une Banque alimentaire. Nous ne voulions pas, par exemple, mesurer l’effet du temps des Fêtes », analyse-t-elle.

Après avoir procédé à une fastidieuse conversion des denrées alimentaires distribuées en portions dans les quatre groupes du Guide alimentaire canadien, Mme Law Kwon a pu déterminer les ratios de contribution globale et par groupe alimentaire de chaque Banque alimentaire. « Notre méthodologie unique en son genre nous a entre autres permis de déterminer que la contribution globale de 4.46 % de Moisson Montréal est définitivement plus faible que celle de 14.21 % de Moisson Beauce, ce qui semble traduire un effet de réalité géographique », soutient-elle. À noter que seules les données des banques alimentaires de Montréal, de Québec et de Beauce ont été compilées jusqu’à maintenant.

À quoi serviront ces résultats? Selon l’étudiante originaire de l’île de Madagascar, « ils permettront aux Banques alimentaires du Québec d’appuyer leurs demandes de subventions et leurs appels aux dons avec des arguments crédibles. »