À compter du 4 avril prochain, les Québécois n’auront plus besoin d’avoir été formés au préalable avant de pouvoir administrer l’Épipen à une personne en choc anaphylactique ou encore de procéder à une réanimation cardiorespiratoire à l’aide d’un défibrillateur externe. Ce nouveau règlement permettra entre autres d’augmenter le niveau de sécurité des enfants et des personnes allergiques dans les lieux publics.

Pierre-Olivier Forget

En 2006, Québec avait déjà fait augmenter le nombre de premiers intervenants autorisés à réagir en assouplissant sa réglementation. En effet, moyennant une formation reconnue en secourisme, les Québécois se sont vus retirer l’obligation de détenir une prescription afin de pouvoir se procurer un auto-injecteur d’adrénaline ( Épipen ).

La réglementation continue de s’assouplir, puisqu’à partir du 4 avril prochain, « toute personne », en l’absence d’un ambulancier ou d’un premier répondant, pourra utiliser un défibrillateur externe afin de procéder à une réanimation cardiorespiratoire. Il en est de même pour les cas d’allergies pour lesquels « toute personne » pourra, à l’aide de l’Épipen, injecter de l’adrénaline à un tiers en étant de choc anaphylactique.

Changement attendu

Avant l’adoption de cette nouvelle réglementation, poser ces gestes sans avoir suivi une formation reconnue en secourisme au préalable était considéré comme un acte médical illégal. Pour les personnes ayant à intervenir fréquemment auprès des enfants, cette modification de la loi représente donc un véritable soulagement. Comme l’indique Marie-Josée Bettez, présidente de « Déjouer les allergies », Québec se trouvait dans l’urgence d’agir. « On ne pouvait pas faire dépendre la vie d’un enfant sur une formation », soutient-elle. La présidente se réjouit du fait que les personnes allergiques seront désormais mieux encadrées, car quiconque pourra agir en situation d’urgence sans se risquer à contrevenir à la loi.

La formation fait la différence

La Société de sauvetage, un organisme à but non lucratif, image qu’ « il n’y a pas de bons ou de mauvais moments pour faire une crise cardiaque », ni de « bons ou de mauvais moments pour avoir une réaction allergique grave ». L’organisme à visée préventive soutient toutefois que malgré le caractère imprévisible de ces situations d’urgence, il est nécessaire de savoir réagir de manière méthodique et avec sang-froid. Pour ce faire, il est possible de suivre une formation au contenu adapté dont la durée peut varier de 30 minutes à 16 heures. Les formations reconnues par un organisme national tel que la Société de sauvetage, la CSST, Ambulance St-Jean, la Croix-Rouge ou encore la Fondation des maladies du cœur assurent que le brevet obtenu aux suites du cours sera de qualité et que son contenu est à jour
et valide.

Présentement, seulement 8 % des Québécois détiennent une formation en premiers soins. Pourtant, selon la Fondation des maladies du cœur, le fait de savoir de quelle manière réagir en cas d’arrêt cardiaque peut faire augmenter les chances de survie et de récupération d’un peu plus de 30 %. Aujourd’hui, tous les cours de premiers soins offerts proposent une initiation à l’utilisation du défibrillateur externe automatisé ainsi qu’à celle de l’auto-injecteur d’adrénaline.