Un étudiant lavallois est sélectionné en tant que semi-finaliste pour participer au projet Mars Artic 365 (MA 365), une simulation d’exploration de la planète rouge qui se tiendra dans le Grand Nord canadien de juillet 2015 à juillet 2016.

Vivre une année complète dans un « habitat martien » situé sur une île du nord de l’archipel canadien en compagnie des mêmes cinq individus et, occasionnellement, d’ours polaires : l’idée peut paraître farfelue, voire complètement tirée par les cheveux. Pourtant, c’est ce à quoi la Mars Society, l’organisme international sans but lucratif instigatrice du projet MA 365, a convié quiconque se sentait prêt à relever un tel défi.

Des 200 candidatures reçues par l’organisation en réponse à leur appel lancé l’automne dernier, 62 ont été retenues pour passer à la ronde de sélection suivante. Sur ce nombre, trois Québécois, dont un, Mathieu Roy, qui étudie ici même à l’Université Laval en génie physique.

« Ce projet va permettre de mettre à l’essai la capacité de l’être humain d’explorer efficacement la planète Mars » lance d’ailleurs le principal intéressé. « Car, en plus de devoir composer avec l’aspect confinement, comme cela a été fait lors d’autres missions par le passé (NDLR Mars 500), l’équipe de MA365 devra également faire face à un certain nombre de contraintes spécifiques. »

Ainsi, les six participants qui seront sélectionnés devront constamment porter une combinaison d’astronaute lors de leurs sorties hors de la Flashline Mars Arctic Research Station, un module de recherche sensé reproduire un habitat martien. L’ensemble de leurs communications se fera par radio avec, bien sûr, un délai de vingt minutes pour simuler la distance entre la Terre et Mars. Même leur nourriture sera martienne, c’est-à-dire dotée d’une durée de vie exceptionnellement longue.

Mais l’aspect le plus « spécifique » de MA 365 est sans contredit l’environnement dans lequel il se déroulera. En effet, l’ensemble de la simulation se tiendra dans le cratère d’Haughton, un site d’une vingtaine de kilomètres de diamètre situé sur l’île Devon dans le Nord canadien.

Comme l’explique Susan Holden Martin, membre du comité directeur de la Mars Society, « le climat très dur et désertique qui y règne se rapproche de ce qu’on retrouve sur Mars ». De plus, « l’accessibilité y est difficile, ce qui complique drôlement l’acheminement des secours ».

Devoir de résultats

Une fois rendus sur place, les six membres de l’expédition seront tenus de produire des résultats scientifiques dans une foule de domaines allant de la géologie à la psychologie en passant par la nutrition et la microbiologie. « Ces derniers, ainsi que ceux collectés à distance par nos scientifiques, feront éventuellement l’objet de publication dans des revues évaluées par les pairs », spécifie-t-elle.

Malgré les limites évidentes de MA 365 – pensons ici à la gravité et aux radiations solaires qui seront toutes deux typiquement terriennes — la simulation permettra tout de même de confronter l’équipe qui sera choisie selon le stress que vivront les éventuels colonisateurs de Mars. « Un tel exercice n’a jamais été réalisé auparavant », souligne Susan Holden Martin.

Cet avis est partagé par Mathieu Roy : « Nombreux sont ceux qui pensent qu’on aura la technologie pour envoyer des gens sur Mars le temps venu, mais que ceux-ci craqueront devant l’ampleur de la tâche. MA 365, espérons-le, prouvera le contraire ».

Jusqu’au 21 avril prochain, il est possible de contribuer au projet MA 365 par l’entremise de la plate-forme de sociofinancement Indiegogo.