valérie désyroy

Depuis mai 2012, les rumeurs entourant la sortie d’un nouveau « Facebook Phone » résutant d’un partenariat Facebook-HTC déchaînent les passions sur les blogues et les réseaux sociaux. Le nouveau téléphone -Opera UL- doté d’un écran haute définition, était attendu fin 2012. Marc Zuckerberg, le pdg de Facebook, avait rétorqué que ses efforts allaient dans le sens d’être présent sur les téléphones et non de les fabriquer.

D’autres sources avaient affirmé que l’annonce tant attendue serait plutôt celle d’un système d’exploitation, c’est-à-dire un programme (ou OS pour operating system) pouvant gérer les ressources d’un ordinateur pour les rendre disponiblesà un humain ou à d’autres programmes. Dans le cas du système d’exploitation Facebook, cet OS serait destiné à un téléphone.

Rien d’étonnant à ces rumeurs lorsqu’on sait que les revenus de l’entreprise sont en majorité générés par le monde du téléphone mobile.

Néanmoins, lors de la conférence de presse de mardi le 15 janvier 2013, M. Zuckerberg a dévoilé que le dernier petit venu de Facebook serait un moteur de recherche adapté à son réseau social. L’homme d’affaire annonce donc à son rival principal, Google, qu’il compte bien être dans la course des activités de recherche Web.

Différent de Google

Le nouveau moteur de recherche interne à Facebook a été baptisé « Graph Search », et est présentement disponible en version bêta pour un nombre limité d’utilisateurs dans la version anglophone du réseau social.

Il diffère des moteurs de recherche traditionnels en ce sens que la recherche n’est pas lancée sur l’ensemble du Web, mais uniquement sur Facebook. Marc Zuckerberg fait donc le pari qu’en huit années d’existence, les utilisateurs de son site ont partagé suffisamment d’informations personnelles pour être considéré comme une immense base de données, et donc justifier de se nantir d’un moteur de recherche qui permette de lancer des recherches dans celle-ci.

Par exemple, au lieu d’effectuer une recherche par mot clé comme Google ou Bing, Graph Search effectue ses recherches via de simples phrases: « mes amis de Montréal qui aiment des restaurants de sushis », pour obtenir l’ensemble des personnes répondant à ce critère.

M. Zuckerberg avance que cette toute nouvelle façon d’obtenir des informations sur Facebook pourra permettre d’obtenir des listes de restaurants, d’endroits, d’utilisateurs d’un produit, de rechercher un emploi, une date… La société stipule que les utilisateurs seront plus enclins à écouter les recommendations de leur amis plutôt que l’avis d’un critique gastronomique ou d’un étranger sur Yelp. Bref, le pdg met de l’avant l’avantage majeur qu’est la possibilité de baser ses recherches sur son éventail social.

Pour le moment, les résultats sont uniquement basés sur les « likes » et les « check in » des amis, et n’exploitent pas d’autres éléments, comme par exemple les sujets de discussions, les statuts, ou les publicités cliquées.

Pas de compromis sur la confidentialité et la vie privée

Face à cette annonce, les utilisateurs ne cachent pas leur inquiétude concernant la gestion de leurs informations personnelles. Facebook assure que la nouvelle fonctionnalité conservera les paramètres de confidentialité choisis et maintient comme priorité le respect de la vie privée.

De plus, les photos publiées sur Instagram ne feront pour l’instant pas partie des résultats de recherche.

Objectif, profits !

L’outil de recherche est clairement orienté vers un objectif lucratif. Brian Blau, analyste financier chez Gartner (une entreprise américaine de conseil et de recherche dans le domaine des technologies avancées), déclarait que si le nouveau moteur était un succès, il pourrait offrir un indice marketing précis des intérêts d’un usager, et donc se prêter avantageusement à d’autres produits générateurs de revenus.

Une baisse de 2,74 % a néanmoins accompagnée l’annonce, le titre affichait 30,10 $ à la fermeture du NASDAQ mardi dernier.