Photo : Courtoisie Gabriel Talbot-Lachance

La NASA a démenti toutes les rumeurs de catastrophes cosmiques pouvant mener à la fin du monde soi-disant annoncée par les Mayas pour le 21 décembre prochain. Cependant, à quelques jours de cette date fatidique, la peur suscitée par ces rumeurs ne perd pas de sa vigueur et mobilise les spécialistes.

Charline Pierre

Malgré les nombreux démentis de la NASA au sujet d’une présumée fin du monde en décembre 2012, les rumeurs vont toujours bon train. David Morrison, astrobiologiste spécialisé dans les astéroïdes et la recherche de vie extraterrestre de la NASA, passe son temps libre à rassurer les internautes à ce sujet. Néanmoins, le public reste sceptique et de nombreux courriers commencent de cette façon : «Cher Monsieur, je sais que vous travaillez pour le gouvernement et que l’on ne peut pas vous faire confiance puisque le Congrès a voté une loi qui rend illégal le fait de prévenir le grand public de l’arrivée d’un objet à proximité de la terre, mais…»

Cependant, les craintes du public restent infondées et sont toutes plus farfelues les unes que les autres. Beaucoup craignent la collision entre la Terre et la planète X, ou planète Niburu. Or, on peut lire sur le site de la NASA que celle-ci ne serait qu’une pure invention du public. «Si Niburu ou la planète X était réelle et se dirigeait vers une rencontre avec la Terre, les astronomes l’auraient traquée pendant au moins toute la dernière décennie et elle serait aujourd’hui visible à l’œil nu !»

D’autres craignent une inversion magnétique des pôles, une collision avec l’étoile Bételgeuse ou encore une éruption solaire qui brûlerait notre planète.


L’origine du malentendu

La stèle à l’origine de cette effervescence médiatique, connue sous le nom de Monument 6 d’El Tortuguero, mentionne bel et bien la date du 23 décembre 2012 (et non le 21/12/2012, certainement plus romantique…). Cependant, elle relaterait l’histoire d’un «seigneur sacré» d’El Tortugero.

C’est donc d’une mauvaise interprétation qu’est née cette légende. Les Mayas avaient une vision cyclique du temps et la date en question serait celle de la fin d’un cycle, le bak’tun 13. Rien de plus inquiétant que le passage à un nouveau millénaire pour nous.

Robert Lamontagne, astrophysicien à l’Université de Montréal, résume assez bien la situation dans une entrevue à Québec Science : «La fin d’un monde, c’est un concept indo-européen. Pour les Mayas, la continuité représentait la norme, la notion de fin du monde n’existait pas». Pour lui, si cette prophétie a tout de même fait son chemin ces derniers mois, c’est parce qu’il est dans la nature des humains de conférer des super-pouvoirs aux peuples disparus et mystérieux. On aime à penser que les civilisations anciennes étaient plus sages que nous et que leur grand savoir a disparu avec elles.