Je vous présente le père de l’ami de mon ami: Bobby. Bon vivant de 54 ans et père d’une famille moyenne, il est aussi rond que les patates au four qu’il consomme avec son incontournable steak haché. Sa petite bedaine de bière se dissimule mal derrière son IMC de 35. Sa vie active se résume aux parties houblonnées du Canadien, au nouage de ses lacets et à sa femme (sans détails). Puisque le système de santé québécois est si efficacement gratuit, Bobby décide par un beau jour de congé d’entreprendre un fameux examen de routine à l’hôpital. Diagnostic: diabète de type 2. Il en est sorti les larmes aux yeux avec une jolie prescription de médicaments et ce valeureux conseil: «Bougez plus et mangez moins!» Bien sûr, la situation de Bobby ne s’améliore pas, puisqu’il continue de s’empiffrer et de se prélasser sur son Lay-Z-Boy. Il constate que son état de santé est en chute libre. Puisqu’il est branché sur Wikipédia avec son portable sans fil giga-haute-vitesse, il sait pertinemment que si sa condition se dégrade, il n’aura pas le choix d’utiliser les joyeuses aiguilles. Il ne voit aucune autre solution. Il a peur. Si seulement Bobby était le seul…

Bobby s’ajoute à la liste des deux millions de Canadiens déjà affectés par le diabète. L’expansion de cette maladie dépasse toutes les attentes. Si l’on se fie aux statistiques des trois dernières années, on atteindra le cap des trois millions d’ici 2010. La petite vague inoffensive se métamorphose peu à peu en tsunami. Le triangle diabète-vieillesse-obésité peut se comparer à celui des Bermudes: il est dangereusement silencieux. Chaque année, plus de 40 000 Canadiens décèdent de complications liées au diabète. Puisque 80% des affectés meurent d’une maladie du cœur ou d’un AVC, les diabétiques sont considérés comme cardiaques cinq ans après leur diagnostic. Voici maintenant la question qui tue: «Mais qu’est-ce que le diabète?» Explication brève et simple: disons que Bobby a de la difficulté ou n’est simplement pas capable de gérer le sucre dans son sang.

Visualisez la Grande Allée ou une quelconque rue bordée de restaurants. Imaginez qu’il y ait un portier au Cosmos. Imaginez ensuite une hôtesse pour vous diriger jusqu’à votre table. (Jusqu’ici, vous me suivez bien? Parfait!) La rue se transforme en capillaire sanguin alors que vous, ainsi que tous les autres piétons, vous devenez un petit morceau de sucre. Le gérant du Cosmos a besoin d’argent alors, avec ses gros muscles, il commande à son portier: «Agrippe-moi tous les petits sucres que tu peux.» Dans un corps normal, l’offre suffit à la demande: le sucre entre au Cosmos sans aucun problème, il est mené à sa table et passe du bon temps avec ses amis.

Contrairement à cette histoire, le sucre qui déambule dans un corps de diabétique subit quelques difficultés. Premièrement, le portier a oublié ses lunettes à la maison et, par malheur, la clé magnétique de la porte fonctionne une fois sur trois. De ce fait, un sucre doit être chanceux pour entrer au Cosmos. Deuxièmement, ce n’est pas seulement le Cosmos qui fonctionne ainsi, mais tous les restaurants du coin. Les piétons ont faim! Le gérant a installé une deuxième et une troisième porte, mais elles aussi sont intermittentes. Les gens pullulent dans les rues, c’est la débauche totale, la Saint-Jean 365 jours par année, la ville est en crise… Hyperglycémie! En fait, l’insuline (ou le portier) n’arrive plus à faire pénétrer le sucre correctement dans les muscles et le foie.

Pourquoi bouger si les portiers sont sur le point du burnout? Les hôtesses sont la solution! En faisant de l’activité physique, elles sortent du restaurant, clé passe-partout en main, afin de prêter main-forte à leurs collègues. Bobby, peu importe où tu te caches, sache que l’activité physique est le meilleur médicament en vente libre qui existe sur le marché.