Le Québec détient une place honorable en Amérique du nord en matière d’exploitation de la biomasse, c’est-à-dire l’utilisation des résidus de production agricole ou forestière à des fins énergétiques. Le marché des biocarburants est en pleine expansion. Les combustibles alternatifs – dont l’éthanol – sont encore au stade embryonnaire. La viabilité économique de leurs production est toujours très précaire. Plusieurs projets ont été mis de l’avant pour explorer les différentes avenues offertes par ces nouvelles sources d’énergie.

Sur le campus par exemple, Yves Fortin, directeur du Département des Sciences du bois et de la forêt et son équipe, travaillent à la création d’une chaire industrielle. Les questions étudiées porteront sur les répercussions environnementales de ce type d’industries. Jusqu’à maintenant à l’Université Laval, seule une serre de séchage du bois utilise la biomasse pour fonctionner.

Nos voisins du Sud, eux, voient en l’exploitation du maïs une source viable d’éthanol. Le Danemark étudie l’exploitation industrielle de la laitue de mer pendant que la France pense envoyer du bio-méthane dans son réseau de gaz naturel. Des universités américaines, brésiliennes et japonaises essaient même de reproduire les enzymes trouvées dans le système digestif des termites pour accélérer la transformation de cellulose végétale.

Évelyne Thiffault, chercheuse scientifique au Centre de foresterie des Laurentides, rappelle que «des initiatives sont lancées un peu partout au Québec. On utilise la biomasse principalement pour des réseaux de chaleur. Par exemple, la Coopérative forestière de la Matapédia peut chauffer grâce aux sous-produits issus de l’exploitation de la forêt, le centre hospitalier d’Amqui. D’ailleurs, beaucoup de papetières et de scieries utilisent ce procédé pour réduire leurs coûts d’exploitation.»

Au sujet de la production de biocarburants avec la biomasse, Évelyne Thiffault explique 
qu’«on entend beaucoup parler de faire de l’éthanol cellulosique. Il y a une usine, en lien avec l’université  de Sherbrooke, qui cherche à exploité ce créneau. La majorité des usines vont faire des produits destinés au chauffage, comme des granules par exemple. De toute façon, au Québec, le chauffage est déjà une très grande partie de notre consommation».

Évelyne Thiffault étudie actuellement les effets que peuvent avoir l’exploitation de la biomasse forestière sur les écosystèmes. Les pays nordiques ont d’ailleurs beaucoup d’avance dans ce domaine et beaucoup de leurs politiques en la matière pourraient éventuellement être adaptées à la réalité québecoise.

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