Plus récemment, les quotidiens faisaient état de la tentative de Kory Teneycke de miner la crédibilité de cette pétition en ligne, en prétendant que des personnages fictifs – Snuffaluffagus de Sesame Street, notamment – comptaient pour des signataires. Quand Avaaz a répliqué par des accusations criminelles envers Kory Teneycke (qui aurait lui-même bousillé la pétition, selon le plaignant), ce dernier n’a eu d’autre choix que de donner sa démission et de quitter Quebecor Media.

Avaaz est un groupe de pression de renommée internationale. Mais quelle est la valeur d’une pétition en ligne, indépendamment de qui l’initie? On peut en fait signer cinq, dix, quinze fois une pétition sur le Web, pourvu qu’on ait assez d’adresses électroniques. On peut aussi acheter un nom de domaine électronique pour environ une dizaine de dollars et se voir ainsi donner une quasi-infinité d’adresses courriel.

L’histoire d’Avaaz contre Quebecor démontre que les nouveaux canaux de diffusion peuvent persuader par la force de la masse. Le seul ennui, c’est que, sous le couvert de l’anonymat, le discours de la masse n’a aucune crédibilité. En revanche, si Kory Teneycke a bel et bien falsifié la pétition, il s’agit là d’une importante erreur tactique. Surtout que le fautif a laissé des traces bien visibles de son passage, en utilisant chaque fois la même connexion Internet, sans aucune précaution pour falsifier son adresse IP.

Il serait intéressant de réfléchir à des moyens de prendre position en ligne de façon crédible et irréfutable. On pourrait utiliser la technologie pour remplacer avantageusement les manifestations désorganisées qui trop souvent dégénèrent ou, du moins, en tant que complément élégant, pour en faire un canal pacifique et concis de dialogue entre les citoyens et les gouvernements.