Le cas du riz s’explique par le fait que les nombreux glucides qu’il contient contribuent à l’augmentation du taux glycémique dans le sang, ce qui occasionne une grande charge de travail au pancréas. Cet organe sécrète l’insuline qui doit justement régulariser la glycémie en permettant aux organes d’utiliser les sucres. «Le diabète arrive quand le pancréas travaille si fort qu’il ne produit plus assez [d’insuline]», déclare Hélène Jacques, professeure titulaire en nutrition à l’Université Laval. Les niveaux de glucose deviennent alors trop élevés.

Les aliments qui sont riches en oméga-3, comme le poisson gras, amènent les organes à développer une résistance à l’insuline. Dans le cas de l’embonpoint, les oméga-3 causent une accumulation de gras dans les organes, qui finissent par développer cette résistance.

Des études probantes
L’étude sur le riz blanc réalisée au Japon montre clairement un lien entre cette céréale et le diabète de type 2. Les 34 000 femmes et 26 000 hommes qui ont participé à l’étude consommaient régulièrement du riz blanc. Au bout de cinq ans, 1103 femmes ont déclaré souffrir de diabète.

Les chercheurs admettent par ailleurs que d’autres études devront être réalisées afin de déterminer pourquoi cette théorie n’affecte que les femmes par la consommation régulière de riz. Hélène Jacques suggère qu’un mode de vie sédentaire chez ces femmes pourrait être en cause. «Les diabétiques ne présentent pas de symptômes au début de la maladie. Quelques-unes de ces femmes auraient donc pu être prédisposées à la maladie», suppose la professeure. Le fait que la condition préclinique caractéristique du diabète n’ait pas été considérée pourrait donc y être pour quelque chose

Pour les oméga-3, l’étude a été réalisée par des chercheurs américains de l’Université Brigham Young. Ils n’ont toutefois ciblé que des femmes. «Ce choix provient du fait qu’on a surtout pendant des années examiné les hommes», justifie la professeure nutritionniste Hélène Jacques. Celle-ci souligne toutefois qu’«analyser seulement le cas des femmes ne fausse pas la note, mais on ne peut pas nécessairement généraliser les résultats sur toute la population». Après avoir consommé régulièrement des produits de la mer pendant douze ans, 2 370 des 36 000 femmes interrogées ont affirmé souffrir de diabète de type 2. «La solution serait de s’alimenter plutôt aux poissons maigres, la morue ou la sole par exemple», ajoute-t-elle.

La variété avant tout
Devant ces constatations, la professeure nutritionniste conseille aux consommateurs de varier leur menu au maximum. «Je recommande une variété de poissons, la consommation des produits à grains entiers pour réduire les chances de développer un diabète tout en allant chercher leurs effets bénéfiques sur le système cardiovasculaire», conclut-elle.