Les principaux prédateurs du lemming sont la labbe à longue queue, la chouette harfang, le renard polaire et l’hermine. Les populations de lemmings sont étudiées au Groenland depuis près de 20 ans. Le nombre d’individus suit un motif constant marqué par une alternance de pics et de creux. Ces fluctuations dépendent du niveau de reproduction de l’animal mais aussi de ses prédateurs. C’est logique! Moins il y a de prédateurs de lemmings, plus les petits rongeurs peuvent gambader tranquillement dans les prés.

Hors, «depuis 2002, on assiste à un creux perpétuel quant aux populations de lemmings au Groenland», affirmait Olivier Glig lors d’une conférence donnée à l’Université Laval jeudi dernier. Le chercheur de l’Université d’Helsinki en Finlande pointe le réchauffement climatique du doigt. Depuis quelques années, l’arrivée précoce du printemps au Groenland affecte les lemmings. «L’hiver est la saison de reproduction du lemming. Si l’hiver est moins long, la reproduction est écourtée. Aussi, les épisodes de gel-dégel observés touchent l’habitat de l’animal, qui se terre sous la neige», précise M. Glig. Un été plus long peut également amener de nouvelles espèces, donc de nouveaux prédateurs. D’ailleurs, on remarque de plus en plus de goélands dans le Nord depuis quelques années. Selon M. Glig, l’arrivée de ces rapaces pourrait peut-être expliquer en partie la disparition des lemmings. Mais le lemming n’est pas le seul porté disparu du Groenland. Le bœuf musqué ne semble pas s’adapter au réchauffement du climat: une augmentation de la mortalité parmi la population de ces bovidés est aussi observée depuis 2002.