Du moins, c’est ce qu’affirment les résultats d’une récente étude menée par le professeur Jocelyn Faubert de l’École d’optométrie de l’Université de Montréal. Les résultats de ses recherches sur la perception indiquent que les athlètes professionnels ont des fonctions cognitives mieux développées que celles des athlètes amateurs ainsi que celles de la moyenne des étudiants de niveau universitaire.

Pierre-Olivier Forget

web-Faubert-Jocelyn_1521-(1)Parmi les athlètes professionnels s’étant prêtés à l’expérience du professeur Faubert, on compte des joueurs de soccer de la Premier League anglaise, des hockeyeurs de la LNH ainsi que quelques uns des meilleurs joueurs de rugby de la France. Au total, ce sont 102 athlètes professionnels qui ont vu leurs capacités cérébrales être mesurées et comparées à celles de 173 sportifs amateurs de haut niveau (notamment de la NCAA et du programme d’entraînement olympique européen ) et de 33 universitaires non sportifs de l’UdeM.

‘’3D-MOT’’

Afin d’évaluer leurs capacités cognitives, les sujets ont tous dû se soumettre à 15 reprises à un test d’activité cérébrale nommé le ‘’3D-MOT’’. «Nous avons demandé aux participants à l’étude de décrire une série d’objets simulés se déplaçant dans trois dimensions», explique le professeur Faubert. En effet, le ‘’3D-MOT’’ simule le mouvement de 8 sphères dans un espace tridimensionnel. Après une seconde, les 8 sphères se déplaçant à haute vitesse s’immobilisent, et on demande aux sujets de décrire le mouvement de quatre d’entreelles qui avait préalablement été identifiées.

Ce test a permis aux scientifiques d’évaluer la répartition de l’attention, la largeur du champ de vision ainsi que la capacité de perception de la profondeur des sujets, toutes des habiletés essentielles aux fonctions visuelles, perceptives et cognitives. Conduire un véhicule ou traverser une rue, par exemple, sont deux situations qui, en termes d’exigences cognitives, s’apparentent aux scènes abstraites que les patients ont dû interpréter.

Athlètes professionnels à l’honneur

Les résultats de ce test indiquent que les athlètes professionnels ont des capacités cognitives mieux développées que la moyenne. «Il semblerait que les athlètes soient en mesure de concentrer avec beaucoup d’acuité leur attention afin d’améliorer leurs capacités d’apprentissage, ce qui constitue la clé de leurs aptitudes», confirme Faubert. Bien que les trois groupes aient amélioré leur score après 15 essais, les sportifs professionnels ont appris à un rythme nettement supérieur. Bref, «ils sont plus habiles pour apprendre comment interpréter le monde réel en mouvement », explique Faubert. Le second groupe ayant le mieux performé est celui formé d’athlètes amateurs, tandis que les étudiants non-sportifs ferment la marche.

Capacités innées, ou acquises?

Cette étude démontre possiblement les conséquences que peut entraîner l’épaisseur accrue du cortex qu’on retrouve dans le cerveau des sportifs professionnels. Toutefois, on n’est toujours pas en mesure d’affirmer si les capacités d’apprentissage supérieures qu’on leur attribue sont des aptitudes innées ou si, au contraire, elles sont le fruit des entraînements rigoureux qu’ils ont suivis au cours de leur carrière. Par conséquent, les recherches du professeur Faubert et de son équipe sont loin d’être terminées.