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Le médecin belge Peter Piot, codécouvreur de l’Ebola, cofondateur de l’ONUSIDA et lauréat du prix Canada Gairdner en santé mondiale 2015, était de passage au CHUL lundi dernier. Pour l’occasion, il est revenu sur son expérience des épidémies d’Ebola et du SIDA ainsi que sur les leçons à en tirer.

En 1978, le Dr Peter Piot travaille à Kinshasa, Capitale de la République Démocratique du Congo. Un jour, il voit arriver à son centre de recherche « un thermos bleu contenant 2 tubes en verre remplis de sang ». Ce dernier appartient à une sœur décédée d’un syndrome qu’il pense être la fièvre jaune.

C’est toutefois à la suite de l’envoi de l’échantillon à Atlanta que lui et son équipe ont l’heure juste. En fait, ils viennent de découvrir un nouveau virus : l’Ebola. Le médecin, jeune virologiste, se rappelle de « l’excitation totale » qui régnait ce jour-là. « Ça n’arrive pas tous les jours de découvrir un nouveau virus », se remémore-t-il.

C’est au cours de sa mission et après maintes observations épidémiologiques qu’il statue que la transmission d’Ebola se fait par contact direct.

Épidémie du SIDA

Quelques années après, un autre virus fait son apparition : le SIDA. Au début, il est intimement associé à l’homosexualité. Or, aux yeux du Dr Piot, cela ne colle pas. « J’essaie toujours de me placer dans la peau du microbe, raconte-t-il. Je me disais : “Mais pourquoi le virus se soucierait de l’orientation sexuelle de son hôte ? N’est-ce pas, après tout, une invention humaine ?” »

Son instinct ne le trompe pas : la raison d’être d’un virus, c’est de trouver un hôte et de vouloir la vie éternelle. Cette observation réalisée avant l’isolation du VIH a mis du temps à faire son chemin au sein même de la communauté scientifique.

La politique au service de la santé publique

Avance rapide jusqu’en 1996. Cette année-là, l’annonce de la mise en marché du premier traitement antirétroviral est faite à Vancouver. Seul problème : le coût de 14 000 $ US par année. Une somme exorbitante étant donné que 90 % des personnes atteintes porteuses du VIH habitent alors dans des pays pauvres.

Sous l’impulsion de scientifiques comme Dr Piot qui ont mis des questions d’économie et de sécurité à l’avant-plan, s’en suit alors l’arrivée du virus dans l’agenda politique. En 2000, le débat se transporte jusqu’à l’ONU, où le conseil de sécurité en prend conscience.

Peu après, se souvient le Dr Piot, « l’argent a suivi » et la pression sur les pharmaceutiques pour qu’ils abaissent leur prix s’est fait sentir.

De 12 000 $ en 1998, le coût du traitement a fondu jusqu’à 200 $ en 2003. Résultat : alors que 200 000 personnes seulement étaient sous traitement antirétroviral en 1996, on en compte aujourd’hui plus de 15 millions.

Dernière épidémie d’Ebola et leçons

Le chapitre final du récit du Dr Piot a lieu en 2014, lors de l’éclosion d’une épidémie d’Ebola en Afrique de l’Ouest. « Avec trois pays sous dictature, des guerres civiles, une absence de système de santé et une méfiance vis-à-vis des autorités, cela a été une véritable tempête, pour ne pas dire un cocktail mortel », soutient le médecin.

Si la mise en place d’unités de traitement permet de sauver des vies, il aurait néanmoins été important d’agir plus tôt, convient l’expert. La mise au point rapide d’un vaccin par un groupe de chercheurs du Manitoba permet néanmoins d’endiguer le mal et de limiter les dégâts de cette course contre la mort. « On peut changer le cours de l’histoire et d’une épidémie, mais il faut agir vite », conclut-il.


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