L’équipe du Centre de recherche en infectiologie (CRI) de l’Université Laval mènera une première étude clinique ayant pour but de vérifier l’efficacité d’un vaccin contre le virus Zika. Les premières injections devraient être administrées dans les prochaines semaines, au CHUL de Québec.

Deux autres centres de recherche, situés à Miami et en Pennsylvanie, participeront à la recherche menée par Gary Kobinger, directeur du CRI de l’Université Laval. Trois grandes équipes s’attarderont donc à tester le médicament, développé sur une période de huit mois.

Les sujets de l’étude participeront à une première planétaire, les vaccins n’ayant été testés jusqu’ici que sur des animaux, assure Sylvie Trottier, responsable de la recherche clinique. «On parle d’une étude de phase 1, testée pour la première fois chez l’humain, explique-t-elle. Le but sera d’abord de vérifier s’il y a des effets secondaires et puis de mesurer l’efficacité du produit à travers plusieurs déterminants du système immunitaire ».

Mondialement, le groupe de l’UL devient ainsi le premier laboratoire de recherche à obtenir l’autorisation de Santé Canada et de la Food and Drug Administration (FDA) pour développer un antidote au virus Zika. À l’heure actuelle, aucun traitement n’est disponible.

Une page d’histoire à écrire

Répartie sur une période de 60 semaines, l’étude aura besoin du dévouement de 40 volontaires, dont une quinzaine au Centre hospitalier de l’Université Laval. « Les participants obtiendront un dédommagement pour un total de dix visites, résume Mme. Trottier. Un processus qui demande un certain temps et une implication complète ».

Un budget total de 1,9 millions de dollars sera nécessaire à la réalisation de la première phase de cette recherche. « En production clinique, ça coute un million par vaccin, puis on inclut ensuite environ 300 000$ de dépenses par site, exprime Gary Kobinger. Ces fonds sont utilisés pour les cliniciens et l’analyse des échantillons ».

Le Centre de recherche en infectiologie de l’Université Laval a effectué des demandes de subvention il y a deux semaines. Comme le processus est relativement lent, M. Kobinger avoue devoir se tourner vers d’autres sources pour financer son projet. « Pour l’instant, c’est payé par des partenaires industriels, poursuit-il. Ici, à Québec, on a également accès à des fonds de recherche ».

Dans l’éventualité où l’équipe d’infirmières expérimentées de Sylvie Trottier confirmerait l’efficacité du vaccin, la recherche pourrait rapidement se diriger vers la phase 2, à plus grand déploiement. « Si les effets sont contrôlés, la seconde étape consistera à administrer les injections à des populations à risque, dans les Caraïbes ou en Amérique du Sud, raisonne la microbiologiste. On regardera alors si ça les protège contre l’infection ». Avant d’être commercialisé, le vaccin devra franchir la phase 3 et l’homologation officielle.

S’impliquer dans le projet

Porteur d’espoir, le projet mené par le groupe de Gary Kobinger aura droit à une belle vitrine internationale. Le principal intéressé rappelle l’importance de cette opportunité pour son équipe de « contribuer aux technologies de pointe, aux développements de vaccins rapides et aux impacts sur la santé publique ». 

Avis aux intéressés, le CHUL de Québec recherche activement des volontaires désirant se joindre à une étude potentiellement historique. L’institution vise surtout les individus en bonne santé, situés entre 18 et 65 ans. Pour participer, il suffit de composer le 418-654-2796.

Le virus Zika, en bref

Plusieurs centaines de milliers de cas déclarés depuis le mois de décembre 2014.

-150 cas au Canada, 149 ayant été contractés en voyage et un par transmission sexuelle.

-Six pays ont déjà signalé des malformations du système nerveux central liées au virus Zika.

-L’Organisation mondiale de la santé (OMS) prévoit entre trois et quatre millions de cas en Amérique, cette année.