Le robot chirurgical da Vinci, un appareil conçu par l’entreprise américaine Intuitive Surgical, est capable de réaliser des interventions beaucoup plus précises que la chirurgie traditionnelle et ce, sans avoir à pratiquer de grandes incisions. «Ce sera le premier robot chirurgical de la région de Québec», confirme la porte-parole de la Fondation du CHUQ, Sophie Maltais. La province compte déjà deux appareils du genre, tous deux situés à Montréal.

Le da Vinci est muni de caméras stéréoscopiques, de pinces qui pivotent sur 360 degrés et de bras aux extrémités flexibles. Les chirurgiens commanderont les bras du robot depuis une console affichant une image en trois dimensions. Il sera aussi possible de prendre les commandes du robot depuis un autre hôpital.

«Il sera possible, par exemple, de réaliser une opération à la prostate sans avoir à éliminer de nombreux tissus nerveux et muscles qui entourent la tumeur», précise Sophie Maltais. La cicatrisation à la suite d’une intervention sera alors beaucoup plus facile pour le patient.

Le da Vinci ne servira qu’aux traitements uro-oncologiques (tumeurs des voies urinaires et du système reproducteur masculin) et gynéco-oncologique (système reproducteur féminin). «C’est tout de même beaucoup», souligne le Dr Yves Fradet, directeur en urologie à l’Hôtel-Dieu de Québec et professeur au Département de chirurgie. «L’uro-oncologie doit représenter à elle seule 25% des cas de cancer au Québec», rapporte-t-il.

Recherches et recrues
En se dotant de cet appareil, le Dr Fradet prévoit lancer des recherches afin de perfectionner la chirurgie robotique pour être en mesure de travailler à l’échelle microscopique. «Nous allons compter sur le savoir-faire en optique de l’Université Laval afin de développer un moyen d’illuminer les cellules cancéreuses», explique l’uro-oncologue. Pour l’instant, le da Vinci ne peut travailler que sur une image agrandie douze fois, ce qui est loin de l’échelle microscopique, affirme le docteur.

Par ailleurs, les conséquences de la chirurgie robotique sur l’intégrité physique du patient seront aussi objets d’études.
D’un autre côté, l’acquisition d’un tel appareil est un excellent atout pour attirer la relève étudiante qui, le plus souvent, a déjà été initiée à l’utilisation du da Vinci, confie-t-elle.

Don de Quebecor
Le 15 septembre dernier, Pierre Karl Péladeau, président de Quebecor, a fait un don de 300 000$, faisant suite à la sollicitation de la Fondation du CHUQ pour le financement du robot chirurgical. Cette initiative a permis de «poser la première pierre de ce qui sera un grand édifice», avait déclaré ce jour-là le président du conseil d’administration de la Fondation du CHUQ, Guy Chabot.