Capture d’écran, Impact campus

Navire aux allures futuristes, le SeaOrbiter devrait bientôt entrer en construction. Ce vaisseau de recherche sera dédié à l’exploration des mers. Il a aussi pour but de stimuler l’imagination et de sensibiliser le grand public en ce qui concerne les océans.

André-Philippe Drapeau Picard

Dans la lignée du Nautilus du capitaine Nemo et de la Calypso du commandant Cousteau, le SeaOrbiter sera le prochain navire à fournir un cadre unique à la recherche scientifique tout en faisant rêver les jeunes et les moins jeunes. Pensée et dessinée par l’architecte français Jacques Rougerie, l’embarcation a à la fois un style et une vocation unique. Inspirée dans sa forme par l’hippocampe, son rôle est de permettre des séjours en mer de plus de 6 mois à une équipe de 18 individus, dans le but d’observer, d’étudier et d’explorer le monde marin.

Un design unique

La première chose qu’on remarque en regardant le SeaOrbiter, c’est son orientation verticale. Haut de 51 mètres, il est divisé en 12 étages, dont la moitié est sous l’eau. Dans la partie emergée, on trouve des éoliennes et des panneaux solaires, le pont, le poste de commandement et des laboratoires de recherche. La section submergée, elle, contient les aires de repos et de travail ainsi qu’un pont à 12 mètres de profondeur relié à une zone pressurisée, ce qui évite les paliers de décompression aux plongeurs et leur permet de sortir plusieurs fois par jour. Tout en bas, un disque pesant plus de 450 tonnes assure la stabilité de la structure. Le vaisseau ne possède que quelques petites hélices pour s’orienter et se déplacer dans les ports, mais il est fait pour dériver à la manière d’un organisme pélagique.

Pour la découverte

Interrogé en 2010 sur les ondes de Radio-Canada, Jacques Rougerie affirmait : «Nous avons prévu un réseau d’une dizaine de SeaOrbiters d’ici vingt ans, pour ausculter notre planète.» Il souhaite faire progresser la science en offrant la possibilité d’avoir un œil constamment rivé sur le monde marin. «Le monde de demain est très attaché au monde de la mer», soulignait l’architecte lors d’un épisode de l’émission scientifique Découverte. Il espère donc que son idée interpelle les jeunes afin «de bâtir leur futur, de créer des vocations».

Le premier vaisseau doit entrer en chantier dès l’an prochain. La première grande mission, elle, est prévue pour 2015. Elle portera le nom de «Gulf Stream» et durera 2 ans. Combien de nouvelles espèces seront découvertes, combien de mystères seront résolus grâce au SeaOrbiter ? C’est ce que nous verrons au cours de la prochaine décennie…