Bien que le thème des rencontres était large, il a suscité l’intérêt. Alors que la société actuelle pousse la connaissance scientifique bien souvent au détriment de la philosophie, il devient difficile « d’embrasser [ le savoir ] du regard et de comprendre entièrement le monde où nous sommes », comme l’explique la brochure de l’évènement.

Tournant autour de l’œuvre de Charles De Koninck, les conférenciers ont abordé différents sujets liés à l’apprentissage et l’application des sciences modernes. Yves Larochelle, Jacques Vallée et Denis Poussart, scientifiques, ont su garder le public captif.

Yves Larochelle, professeur au Cégep Limoilou, présentait lors de la conférence de samedi sa thèse de doctorat. Intitulée « Philosophie d’Arthur Eddington », il fait le parallèle entre l’étude de la philosophie et celle de la physique. Sir Eddington, outre son travail sur la théorie de la relativité générale, s’est longtemps questionné sur l’application de la méthode scientifique. Écrit en 1934, le document reste toujours d’actualité voire même « plus pertinent maintenant qu’à l’époque », selon le professeur.

En plus des sciences naturelles,  Jacques Vallée, grand admirateur de l’oeuvre de De Koninck, a fait ressortir l’interaction qui existe avec les sciences humaines. De l’atome à la société, il nous a fait voir l’interdépendance de concepts purement philosophiques avec des thèmes humains, par exemple l’idée des valeurs dans la politique.

La « science de l’agir », explique-t-il, « a fait preuve de plus d’influence qu’on ne serait porté ». Pour appuyer ses propos, le professeur s’est rapporté à un document dans lequel Charles De Koninck a coécrit. Selon lui, ce document aurait même servi de plateforme électorale au parti libéral de Jean Lessage, juste avant la Révolution tranquille.

Thomas De Koninck, présent malgré l’annulation de sa présentation de vendredi dernier à cause des conditions météorologiques, a tenu quelques mots sur l’œuvre de son père. Pour lui, trop de personnes mélangent les approches scientifiques et philosophiques, créant des débats stériles et des torts aux deux aspects de notre monde. « Il y a une croissance exponentielle du savoir dans toutes les directions. Un travail de collaboration accru est nécessaire entre la science et la philosophie. » conclut-il.

Crédit photo : Claudy Rivard