Ce texte est le deuxième d’une série de trois reportages témoignant de l’expérience de l’étudiante Marianne Falardeau à bord du navire de recherche Amundsen. Dans la prochaine parution, l’étudiante fera état d’une découverte significative réalisée dans le cadre de la dernière mission.

Et ce qui occupe le plus de temps et d’espace sur l’Amundsen, c’est la science. Puisque plusieurs spécialistes pratiquent dans différents domaines, un chef scientifique a la mission d’assembler les pièces du casse-tête afin de coordonner les multiples échantillonnages auxquels on procède. Les opérations scientifiques s’effectuent aux stations, situées à des emplacements prédéterminés et éparpillés à travers les régions d’intérêt. Lorsque le navire s’amarre à une station, les activités s’enchaînent rapidement et tout le monde s’affaire à ses travaux. Une véritable fourmilière ! C’est au cours des rencontres scientifiques qui se déroulent quotidiennement – ou hebdomadairement – que l’horaire est expliqué et que les ambiguïtés sont clarifiées.

À titre d’étudiante-chercheuse, j’ai œuvré pour le laboratoire de Louis Fortier, qui fait partie du réseau Québec Océan et qui est spécialisé en océanographie et en biologie marine arctique. Chaque année, les sujets d’intérêt y sont le zooplancton ainsi que la morue arctique juvénile. Sont étudiés, entre autres, le transfert de carbone du plancton vers les vertébrés, la dynamique des populations, les cycles vitaux et le développement. Armés d’immenses filets projetés à l’eau grâce à un treuil, mes collègues et moi avions donc pour tâche principale d’échantillonner ces organismes.

Le quotidien marin
On se sent rapidement comme chez soi sur la nef blanche et rouge qu’est l’Amundsen. Tout est en place pour que les habitants de cette « ville flottante » s’y sentent à l’aise; rien ne manque. Du coup, chacun suit la routine générale, tout en adoptant ses petites habitudes.

La vie sociale y est également pleine de rebondissements. Car dans ce milieu de promiscuité où tous partagent des passions qui se rejoignent, une vive complicité s’installe. Que ce soit en allant prendre un verre au bar, en participant aux jeux de groupe ou en visionnant un film au salon communautaire, tous les moyens sont bons pour se retrouver.

Afin de s’aérer l’esprit après de longues heures de travail, il est distrayant de déambuler sur le bateau et d’explorer ses recoins. La timonerie, d’où toutes les opérations sont contrôlées, est une de mes destinations de choix. De cet endroit perché en hauteur – le cerveau du navire – une vue imprenable s’étale. J’aimais y voir les multiples cartes et écrans aidant à la navigation et observer le commandant et les officiers en pleine action.

Somme toute, on plonge véritablement dans un petit monde à part. Il suffit de se laisser emporter par le flot des évènements afin de s’adapter à cet univers unique.