Pour Charles Tisseyre, «toute la science» entre dans le «domaine» des journalistes scientifiques. Pas besoin donc d’être expert pour maîtriser une gamme de sujets aussi vaste comme celle proposée par la programmation automnale de Découverte: «il suffit de jouer le rôle du public».

En posant les «questions que Monsieur, Madame tout-le-monde se posent», l’animateur, qui entame sa 19e saison, estime que le journaliste scientifique permet au public de mieux comprendre  et ainsi, «d’agir mieux». Faire la «promotion des idées scientifiques prometteuses» peut selon lui inviter la science du côté politique: «la connaissance des enjeux scientifiques peut amener le public à élire le parti qui a un programme [scientifique] le plus près de ces enjeux», fait-il valoir

Néanmoins, journalistes et vulgarisateurs ont le devoir de «ne laisser aucune pierre non retournée». Le scientifique doit également selon lui consentir à laisser de côté le vocabulaire trop spécialisé et les exemples d’experts ; effort auquel de plus en plus de scientifiques se soumettent «sous l’impulsion des journalistes», remarque Charles Tisseyre. L’animateur observe que peu à peu, l’envie de faire rayonner leurs travaux détrône la «peur d’être critiqués par leurs collègues» s’ils font usage d’un vocabulaire simplifié.

Battage médiatique

Le danger que le public devienne insensible aux problématiques scientifiques les plus alarmantes existe bel et bien, selon Charles Tisseyre. «Oui c’est un danger. Le battage médiatique peut empirer les situations les gens se désensibilisent», reconnaît-il, en proscrivant de mousser la gravité de sujets aussi délicats que le réchauffement climatique, par exemple. L’éclosion de virus et les cataclysmes de plus en plus fréquents représentent des exemples tangibles, selon lui, et le public tend à réagir lorsqu’il est placé dans le rôle du témoin.  

Le rôle du journalisme scientifique devient en ce sens de sensibiliser le public aux problématiques avant que les «exemples» ne surviennent  conclut-il.