« La situation se dégrade à vive allure », commente le professeur Gilles Joncas du Département de physique, de génie physique et d’optique de l’Université Laval, bien au fait de la situation. Depuis la nouvelle stratégie fédérale en matière de sciences et de technologie, annoncée le 17 mai 2007 par Stephen Harper, certaines priorités de financement se sont imposées. Le document, que l’on retrouve sur le site Internet d’Industrie Canada, délimite ainsi clairement des axes précis de recherche auxquels doit donner priorité le Canada.

Ce ciblage n’est pas la seule difficulté rencontrée par les chercheurs, estime le professeur Joncas : « Le Programme des chaires de recherche du Canada, implanté sous l’ère libérale, vise à attirer de nouveaux chercheurs aux pays. Mais l’enveloppe subventionnaire reste la même. » En résumé, de plus en plus de chercheurs voient leur subvention renouvelée à la baisse ou tout simplement non reconduite. « Heureusement, au Québec, nous pouvons aussi compter sur le Fonds québécois de la recherche sur la nature et les technologies ( FQRNT ) qui nous permet d’avoir du financement sans avoir à correspondre aux priorités en vigueur du côté fédéral. Mais la plupart des provinces n’ont pas notre chance », souligne Gilles Joncas.

« Manque de structure »
« L’une des lacunes du système actuel est le manque de structure pour évaluer les grands projets nationaux et internationaux. Pour ce qui est de l’astronomie, le Canada n’a pas été impliqué de façon égale avec un autre pays depuis la réalisation du Télescope Canada-France-Hawaï, à la fin des années 70 », explique M. Joncas. Des projets à venir, comme le télescope spatial James Webb, sont difficiles à financer en raison de leur échéancier à très long terme. En bref, dans un contexte où l’astronomie s’étend de plus en plus à l’ensemble des pays du monde, les chercheurs canadiens ont plus souvent qu’autrement un accès toujours plus restreint aux installations d’envergure, comparativement aux chercheurs affiliés aux partenaires du projet.

Quelles sont les solutions à court terme selon le professeur de l’Université Laval ? « La meilleure façon, c’est de sensibiliser le public à l’importance de nos recherches. L’idée d’une économie du savoir est un peu creuse, il faut sensibiliser sur l’importance de la découverte ».